Dispositif :
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport portant sur la constitution d'une banque nationale de données relatives à des fins de veille sanitaire concernant l'activité de sapeur-pompier. Il met en évidence les usages qui pourraient en être faits, notamment du point de vue de la recherche en épidémiologie. Il s'attelle à illustrer l'intérêt d'une telle banque de données pour la pratique professionnelle des médecins de sapeurs-pompiers et de l'ensemble des membres du service de santé et du secours médical.
Exposé sommaire :
Par cet amendement de repli, le groupe LFI-NFP souhaite porter le sujet du déploiement d'une banque de données visant à assurer le suivi épidémiologique de cohortes de sapeurs-pompiers.
L'engagement des 254 800 sapeurs-pompiers de notre pays, salué unanimement, s'accompagne de risques particulièrement élevés pour leur santé physique et psychique. Les interventions exposent les sapeurs-pompiers à de multiples risques pour leur santé et leur sécurité, que ce soit en raison des conditions d'intervention (feux, inondations…), des substances avec lesquels ils peuvent être en contact (fumées toxiques, amiante, retardateurs de flammes, perturbateurs endocriniens et reprotoxiques, hydrocarbure aromatique polycyclique…), ou encore des risques psychosociaux particulièrement élevés (stress post-traumatique).
Le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé l'activité de sapeur-pompier comme cancérogène pour l'homme et reconnu des « indications suffisantes » pour le mésothéliome et le cancer de la vessie, ainsi que « des associations positives crédibles » pour les cancers du côlon, de la prostate, du testicule, le mélanome et le lymphome non hodgkinien. Pourtant, un seul type de cancer, le carcinome du nasopharynx, est reconnu en France comme maladie professionnelle en lien avec l'exposition aux fumées, et nous ne disposons d'aucune donnée sur le nombre de sapeurs-pompiers atteints d'un cancer. Les données sur la santé psychique des sapeurs-pompiers français sont également insuffisantes, alors que selon l'étude américaine Rescue18 entre 7 % et 30 % des sapeurs-pompiers souffriraient de stress post-traumatique.
En 2003, le colonel Christian Pourny alertait sur la mauvaise représentation de ce qu'est ou devrait être la sécurité et santé des sapeurs-pompiers. Il réclamait en outre la mise en place d'une « véritable veille sanitaire des sapeurs-pompiers s'appuyant sur une banque nationale de données (BND) fiable qui, seule, peut permettre des études épidémiologiques indispensables et préalables à toute politique de prévention ». Ses recommandations sont restées lettre morte.
C'est pourquoi nous réclamons, conformément à la proposition de résolution sur l'exposition aux risques des sapeurs-pompiers portée par Florian Chauche et le groupe LFI lors de la précédente législature, que les pouvoirs publics s'engagent sur la voie de la création d'une banque de données visant à assurer le suivi épidémiologique de cohortes de sapeurs-pompiers."
Sort : Adopté | Déposé le 21/02/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC0994P0D1N000013.xml
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relative à l'organisation et aux missions des personnels de santé professionnels et volontaires des services d'incendie et de secours
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Procédure
- 21 janvier 2025 — Dépôt du texte (n° 841)
- 19 février 2025 — Examen en commission (Commission des affaires sociales)
- 6 mars 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Durant les trente dernières années le nombre de sapeurs‑pompiers volontaires et professionnels n'a cessé d'augmenter en France, ils sont aujourd'hui 239 600 dont 41 800 sapeurs‑pompiers professionnels.
Leur activité est faite de secours et de soins aux personnes, de lutte contre les incendies, de secours routiers et d'opérations diverses.
Les services départementaux d'incendie et de secours (SIS) disposent de médecins mais aussi d'infirmiers, de pharmaciens, de vétérinaires et de psychologues, sapeurs‑pompiers professionnels ou volontaires. Ils y exercent leur art au bénéfice des victimes secourues, tout autant qu'à celui des personnels et agents des SDIS. En effet, la caractéristique de cette médecine est qu'elle associe en compétence et en aptitude : la médecine d'aptitude et de prévention, la médecine d'urgence pré hospitalière et la médecine générale. Elle fait appel à des connaissances de santé publique qui en font une exception au sein du système de santé.
Or, paradoxe de ce système, plus le nombre des sapeurs‑pompiers croît, plus il semble difficile de recruter des médecins, infirmiers, pharmaciens, psychologues et docteurs‑vétérinaires pour assurer les suivis et l'accompagnement des pompiers au sein des services d'Incendie et de secours (SIS).
Autre paradoxe et non le moindre, le nombre de médecins présents dans les services d'incendie et de secours (SIS) n'a cessé de diminuer alors même que l'âge moyen des sapeurs‑pompiers, lui, n'a cessé d'augmenter.
Les sous‑directions de santé des SIS sont, aujourd'hui, composés à 96 % par des pompiers volontaires avec 3 724 médecins, 7 843 infirmiers, 564 pharmaciens, 306 vétérinaires, 347 psychologues et 86 cadres de santé.
Autre vérité qu'il convient de rappeler, les missions des sapeurs‑pompiers ont énormément évolué sur les 15 dernières années et les risques qui s'y attachent également.
Ainsi, même si l'activité s'est plus recentrée sur les secours et soins aux personnes au détriment de l'incendie et du secours routier, il semble important de noter que d'autres risques, ayant un impact direct sur l'état de santé des sapeurs‑pompiers, se sont accentués, nécessitant un suivi renforcé de la part des services médicaux des sapeurs‑pompiers.
C'est le cas notamment des troubles musculosquelettiques, principale cause des arrêts maladie chez les sapeurs‑pompiers, qui sont notamment provoqués par les activités de brancardage ou de transport des victimes. En même temps, les préoccupations et obligations de prévention en santé se sont développées, notamment celles liées à la toxicité des fumées d'incendie.
Les risques psycho‑sociaux ont également fortement augmenté, en corrélation avec l'augmentation du nombre des agressions dont sont victimes les sapeurs‑pompiers (+ 380 % en 15 ans) et l'augmentation en volume de l'activité, qui mobilise les sapeurs‑pompiers de plus en plus fréquemment.
Cependant, il existe aujourd'hui une anomalie dans le fonctionnement des services de santé des SIS car : ils sont en charge de la médecine d'aptitude et de prévention, du soutien sanitaire opérationnel au profit des sapeurs‑pompiers en plus de leurs missions dans le cadre de l'aide médicale urgente au profit des victimes secourues. Or, à ce jour les médecins de sapeurs‑pompiers exercent cumulativement toutes ces fonctions sans y avoir été expressément autorisés par les textes en vigueur.
En effet, un médecin ne peut être, tout à la fois, médecin de prévention, médecin d'aptitude ou médecin de soins. De plus, la certification des professionnels de santé, qui vise à l'amélioration de la qualité des soins, ne prend pas en compte les modes d'exercice particuliers tel celui des médecins de sapeurs‑pompiers qui n'est pas identifié comme une spécialité médicale.
La plupart des SIS évoluent donc dans un cadre légal qui n'est ni clair ni transparent puisqu'ils ne disposent pas de médecins du travail susceptible d'assurer les visites de prévention de sapeurs‑pompiers professionnels. Et, pour autant, les SIS sont très attachés à leur fonctionnement actuel de suivi médical de leurs personnels, qu'ils jugent adapté et performant.
Le suivi médical des sapeurs‑pompiers est ainsi assuré par les médecins et infirmiers de sapeurs‑pompiers, au sein des services de santé et de secours médicaux des SIS. Un certain nombre d'examens y sont réalisés par les infirmiers et les médecins dans le cadre des dispositions de l'arrêté du ministre de l'Intérieur du 6 mai 2000, fixant les conditions d'aptitude médicale des sapeurs‑pompiers professionnels et volontaires et les conditions d'exercice de la médecine professionnelle et préventive au sein des SIS. À l'issue de ces examens, un avis d'aptitude est rendu lors de la visite médicale dite périodique.
Les sapeurs‑pompiers, professionnels et volontaires, peuvent également être reçus en consultation d'urgence par le médecin de sapeurs‑pompiers.
Par analogie, il apparaît que l'exercice duquel se rapproche le plus celui des médecins de sapeurs‑pompiers professionnels est celui des médecins des forces du service de santé des Armées, qui disposent du statut particulier des praticiens des Armées autorisant la polyvalence de leur exercice.
Dans un contexte de rareté de la ressource et afin de permettre aux services de santé des SIS de conserver leur mode de fonctionnement qui s'est grandement structuré depuis la mise en œuvre de la départementalisation des SIS, il apparaît nécessaire de créer un cadre d'emploi particulier pour les personnels des services de santé des SIS, pour qu'ils puissent réaliser l'ensemble de leurs missions moyennant une formation adaptée et un travail en réseau.
Les différentes études indiquent que l'attractivité tient, pour une bonne part, au travail en équipe associé à une rémunération proche de celle des autres professionnels de santé. Plus de 60 % des médecins de sapeurs‑pompiers professionnels jugent que le montant de leur rémunération est clairement devenu un frein au recrutement.
La présente proposition de loi vise à créer un cadre d'emploi pour les personnels de santé des SIS, qu'ils soient médecins, infirmiers, pharmaciens, psychologues ou docteurs‑vétérinaires. Elle vise à permettre le maintien d'une médecine de qualité au sein des SIS, en soutien aux sapeurs‑pompiers, de rendre plus attractif l'exercice de cette médecine par une activité diversifiée et polyvalente et d'en sécuriser la pratique
Ces champs nouveaux de compétences pour les personnels des services de santé des SIS devront s'accompagner, dans le respect des règles de révision du statut de la fonction publique territoriale, d'une revalorisation de leur rémunération. L'égalité de traitement avec les personnels de santé des armées semblant une base pertinente.