Garantir l'interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance
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Sylvain Carrière 4498b2b4a5 Amendement CD7 — art. premier
Dispositif :

    Après l'alinéa 2, insérer les deux alinéas suivants :
    « 1° bis À la même phrase, les mots : « ainsi que des » sont remplacés par les mots : « , les » ;
    « 1° ter La même phrase est complétée par les mots : « , les centres de loisirs, les colonies de vacances et les structures sportives et médico-sociales accueillant les enfants. » ; ».

Exposé sommaire :

    Par cet amendement, le groupe La France insoumise entend élargir le périmètre de l'interdiction des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en plastique, en ajoutant les centres de loisirs, les colonies de vacances, et les structures sportives et médico-sociales accueillant les enfants aux organismes déjà inclus dans le code de l'environnement actuel.
    Cette initiative s'inscrit dans un contexte scientifique désormais solidement documenté. Le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST, 2024) établit que la production mondiale de plastiques a doublé en vingt ans et pourrait atteindre environ 750 millions de tonnes en 2040, entraînant une hausse continue des déchets plastiques, dont moins de 10 % sont aujourd'hui recyclés. Il souligne également la présence généralisée de micro- et nanoplastiques dans l'environnement et leur détection dans l'air, l'eau, les sols et les aliments, ainsi que leur capacité à s'accumuler dans l'organisme humain, avec des effets suspectés sur plusieurs fonctions biologiques et sur la santé. Le rapport met en évidence, par ailleurs, l'exposition diffuse de la population à des milliers de substances chimiques associées aux plastiques, dont une part significative présente des propriétés toxiques, persistantes ou perturbatrices endocriniennes, tout en soulignant les limites actuelles de leur évaluation et de leur régulation.
    Dans le même temps, les données de santé publique confirment la persistance et la gravité de certaines pathologies pédiatriques. Selon l'Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP), le cancer demeure la deuxième cause de mortalité chez l'enfant de plus d'un an en France, après les accidents, avec environ 2 300 nouveaux cas diagnostiqués chaque année chez les enfants et adolescents. Selon Santé publique France, environ 2 500 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chaque année chez les enfants et adolescents de moins de 18 ans en France, faisant des cancers la première cause de décès par maladie chez les enfants de plus d'un an. L'Institut national du cancer rappelle par ailleurs que l'incidence globale des cancers augmente, notamment chez les jeunes adultes pour certaines localisations, dans un contexte où les facteurs environnementaux et les expositions chimiques sont de plus en plus étudiés comme déterminants possibles.
    Dans ce contexte, et alors même que les enfants constituent une population particulièrement exposée et vulnérable aux substances chimiques et aux perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques, cet amendement vise à réduire les expositions quotidiennes évitables dans l'ensemble des lieux éducatifs, récréatifs, sportifs et médico-sociaux. Il s'agit de tirer les conséquences des alertes scientifiques et de renforcer la cohérence des politiques publiques de prévention en matière de santé environnementale, en appliquant le principe de précaution et la responsabilité de protection des publics les plus fragiles.

Sort : Rejeté | Déposé le 22/05/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO419865B1169P0D1N000007.xml

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Garantir l'interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance

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Procédure

  • 24 mars 2025 — Dépôt du texte (n° 1169)
  • 27 mai 2026 — Examen en commission (Commission saisie au fond)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Après plus de 70 ans de production de masse, le plastique est aujourd'hui omniprésent dans notre quotidien mais aussi dans l'environnement, depuis les fonds marins jusqu'au plus haut des sommets montagneux du monde, dans l'atmosphère et dans tous les organismes vivants. La masse totale de plastique sur la planète constitue ainsi le double de la masse animale : 8 gigatonnes contre 4 gigatonnes. Si la tendance actuelle continue, il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons dans les océans.

Les impacts du plastique ne se limitent pas aux objets perdus dans l'environnement, ils sont aussi la conséquence des additifs chimiques utilisés dans la fabrication du plastique pour lui conférer ses propriétés physiques et chimiques. Les scientifiques ont mis en évidence que ces additifs peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé humaine, en particulier lorsqu'ils se comportent comme des perturbateurs endocriniens.

Pour lutter contre la pollution plastique, la première nécessité est donc de baisser la production, le recyclage ne suffisant pas à endiguer l'ensemble de ses effets négatifs pour le climat, la biodiversité et la santé humaine.

Depuis 2017, une marche historique est enclenchée en France afin de limiter l'utilisation du plastique et l'Assemblée nationale a contribué de manière essentielle à l'atteinte de cet objectif notamment avec les lois « EGALIM » et « AGEC » dans lesquelles des décisions historiques ont été portées.

Ces lois ont notamment permis de mieux prendre en compte les risques pour la santé liés à l'usage du plastique dans la restauration collective. En interdisant les contenants en plastique pour la cuisson, le réchauffage et le service des aliments dans les services de restauration collective scolaires, universitaires, d'accueil d'enfants et les services de pédiatrie, d'obstétrique et de maternité, ces lois ont affirmé un principe clair : les plus jeunes et les plus fragiles ne doivent plus être exposés à des substances chimiques présentes dans les plastiques, qui migrent dans les aliments et les exposent à des risques sanitaires reconnus. Cette exigence repose sur des données scientifiques solides, confirmée régulièrement par le foisonnement de la littérature scientifique établissant un lien de causalité entre certaines pathologies et l'exposition aux plastiques par la migration de substances chimiques et l'assimilation de microplastiques.

Ainsi, par l'article 28 de la loi « EGALIM » et l'article 77 de la loi « AGEC », la volonté du législateur était d'interdire les assiettes, gobelets et couverts en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance. Toutefois l'écriture de l'article28 de la loi « EGALIM » venu modifier l'article L. 5411510 du code de l'environnement était imprécise. Ainsi, cette interdiction qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2025 après publication d'un décret, souffre de fragilités juridiques qui ont généré une ambiguïté sur son périmètre.

Il revient donc au législateur de modifier l'article L. 5411510 du code de l'environnement afin de s'assurer qu'ainsi les gobelets, assiettes, récipients et couverts en plastique soient interdits dans la restauration collective ciblée par cet article. C'est l'objet de l'article 1er de cette proposition de loi. L'article 2 prévoit de s'assurer de la recevabilité financière.