Dispositif :
À l'alinéa 11, substituer au mot :
« contribution »
le mot :
« interdiction ».
Exposé sommaire :
Par cet amendement, le groupe La France insoumise souhaite procéder à une modification rédactionnelle, puis instaurer un suivi plus régulier des autocontrôles réalisés par les entreprises préparant des aliments destinés aux nourrissons et jeunes enfants.
Cet amendement procède en premier lieu à une modification d'ordre rédactionnel en remplaçant le mot "contribution" par le mot "interdiction" puisqu'il s'agit bien, à cet article, d'interdire le recours à certains ingrédients (les sucres ajoutés) dans les aliments destinés aux nourrissons et enfants en bas âge.
En outre, il s'agit par le présent amendement de renforcer la sécurité sanitaire relative aux aliments pour jeunes enfants.
C'est pourquoi il est proposé : - de renforcer les obligations de transparence relatives aux autocontrôles réalisés, par la transmission d'un rapport mensuel aux autorités administratives en charge du contrôle sanitaire - de faire la lumière sur la qualité de la surveillance sanitaire mise en œuvre, en obligeant à détailler la méthode employée pour chaque autocontrôle - de permettre à l'autorité administrative d'ordonner un rappel des produits dès le premier manquement, pour éviter les drames inutiles causés par les manœuvres dilatoires des grands groupes.
Accessoirement, le recours plus régulier à ces procédures de rappel de produits permettra également d'intégrer aux coûts de production des entreprises le coût de la négligence en matière sanitaire dont elles font preuve.
Le scandale sanitaire récent des laits infantiles contaminés à la toxine céréulide illustre les dérives de l'agrocapitalisme français. Pour comprimer les coûts et maximiser leurs marges, de grands groupes ont ignorer la contamination d'un ingrédient, puis l'ont dissimulé aux autorités sanitaires, avant de différer les rappels de quelques jours à plusieurs semaines.
Enfin, les autocontrôles réalisés pourraient également concerner la teneur en sucres ajoutés des produits, pour transmission à la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).
Pour toutes ces raisons, nous proposons de recourir au mot "interdiction" concernant les sucres ajoutés et d'instaurer un suivi plus régulier des autocontrôles réalisés par les entreprises.
Sort : Tombé | Déposé le 20/02/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO420120B2442P0D1N000016.xml
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Interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge
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Procédure
- 4 février 2026 — Dépôt du texte (n° 2442)
- 25 février 2026 — Examen en commission (Commission des affaires sociales)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Alors que l'Organisation mondiale de la santé recommande de n'ajouter ni sucres ni agents sucrants dans les produits destinés à l'alimentation infantile ;
Alors que « les graines d'un vieillissement en bonne santé se sèment tôt », comme l'a rappelé Kofi Annan, prix Nobel de la paix, lors de l'Assemblée mondiale sur le vieillissement en 2001 ;
Et alors que notre état de santé dépend majoritairement de nos comportements de santé, au premier desquels figure notre alimentation ;
Comment expliquer que les industriels continuent d'ajouter du sucre dans les produits alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans, sans qu'aucune réglementation ne les en empêche ?
La France est aujourd'hui confrontée à la progression d'une épidémie silencieuse : la surcharge pondérale. Un Français sur deux est en situation de surpoids ou d'obésité, une situation largement liée à nos habitudes alimentaires. La part croissante des produits ultra‑transformés dans notre alimentation, ainsi que les sucres dissimulés par les industriels (parce qu'ils sont des exhausteurs de goût à faible coût) ont de lourdes conséquences.
Elles sont d'abord sanitaires : l'obésité est associée à près de vingt pathologies évitables, parmi lesquelles certains cancers, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires.
Elles sont également économiques et sociales : le coût social de l'obésité est estimé à près de 20 milliards d'euros par an.
Or, ce que nous consommons durant l'enfance façonne durablement nos habitudes alimentaires à l'âge adulte.
Selon une enquête de l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers publiée en octobre 2023, de nombreux produits alimentaires destinés aux enfants contiennent des quantités excessives de sucres ajoutés ou d'ingrédients sucrés. Ainsi, 22 % des préparations céréalières et 14 % des produits à base de fruits destinés aux enfants en bas âge en contiennent. Certains produits affichent même des allégations nutritionnelles vantant une faible teneur en sucre, au risque d'induire les parents en erreur.
Les exemples sont nombreux :
– certains yaourts dès 8 mois montent à 10 grammes pour 100 grammes ;
– des poudres cacaotées ou biscuit, « dès 10 mois », atteignent plus de 30 grammes pour 100 grammes.
Tous sont enrichis en sucres ajoutés, souvent sans que les parents en aient pleinement conscience, alors même que des alternatives sans sucre existent déjà sur le marché.
Les plus jeunes sont particulièrement vulnérables à ces pratiques, et les inégalités sociales jouent également un rôle déterminant dans l'exposition à une alimentation de moindre qualité. Pour enrayer ce phénomène et lutter contre la progression de l'obésité en France, il est nécessaire de garantir à tous les enfants, dès le plus jeune âge, une alimentation favorable à leur santé, notamment par une réduction de leur exposition au sucre ajouté.
C'est dans cet esprit que, depuis huit ans, le député Cyrille Isaac‑Sibille et le groupe Les Démocrates œuvrent pour responsabiliser les industriels, notamment par la création d'une taxe incitative sur les sucres ajoutés dans les produits ultra‑transformés, par le rehaussement de la taxe sur les sucres ajoutés dans les sodas (une avancée obtenue en 2025) et par l'interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux jeunes enfants.
L'article unique de la présente proposition de loi prévoit donc cette interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants âgés de un à trois ans, à l'exception des laits de croissance et des denrées alimentaires à usage médical.