Moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État
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Aurélien Le Coq aeef2b31c6 Amendement 34 — titre
Dispositif :

    Rédiger ainsi le titre :
    « visant à liquider le patrimoine de ceux qui n'en ont pas ».

Exposé sommaire :

    Les députés insoumis, par cet amendement, souhaitent donner à cette PPL un titre plus conforme à sa finalité. Brader le patrimoine public constitue, pour nous, une ligne rouge inacceptable, qui s'oppose frontalement à nos principes les plus fondamentaux.
    L'État, ses fonctionnaires et le patrimoine public constituent une sphère entièrement démarchandisée, extirpée des influences du Capital et fonctionnant sur le principe du service au public et de l'égalité. Cette PPL, écrite en catimini à Bercy, introduit au contraire des logiques de marché au cœur même de la gestion immobilière de l'État, dans l'objectif assumé de brader le domaine public.
    Quelle incongruité que de vouloir faire payer aux ministères des loyers, au prix de marché, pour des biens qu'ils possèdent déjà aujourd'hui ! Quelle étrangeté que de confier cette mission à un établissement industriel et commercial, qui n'aura comme seule vision que celle de maximiser ses activités profitables ! Quelle audace, enfin, d'oser proclamer devant la Représentation nationale qu'il ne s'agit ici que d'un problème de bonne gestion, alors que cette PPL prévoit le transfert de plus de 90 milliards d'euros de biens de l'État !
    Nous pouvons nous interroger du soutien de certains groupes - se réclamant d'une République sociale - à une PPL qui vise, sans jamais cacher ses objectifs, à réduire de « 25% le parc immobilier d'ici à 2032 ».
    Face aux grands défis du siècle, nous devons disposer d'une puissance publique forte, au service du progrès social et écologique.
    Un autre monde est possible. Mieux, un autre monde est nécessaire. Cette PPL, à l'inverse, ressuscite les idées désuètes d'un autre temps : elle n'est que le soubresaut tardif d'un néolibéralisme à l'agonie. Il faut donc la rejeter, ou au mieux, indiquer dans son titre de quoi il s'agit réellement.

Sort : Rejeté | Déposé le 23/01/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC2345P0D1N000034.xml

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README.md Amendement 34 — titre 2026-01-23 12:00:00 +02:00

visant à liquider le patrimoine de ceux qui n'en ont pas

Dépôt généré par angit : la vie de ce texte de loi représentée en Git. Chaque paragraphe des fichiers d'articles est un alinéa ; les amendements sont des branches (une par amendement) mergées lorsqu'ils sont adoptés.

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Procédure

  • 16 septembre 2025 — Dépôt du texte (n° 1796)
  • 14 janvier 2026 — Examen en commission (Commission des affaires culturelles et de l'éducation)
  • 28 janvier 2026 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Le patrimoine immobilier de l'État représente 96 millions de mètres carrés, dont 23 millions de mètres carrés de bureaux. Ce parc, par son ampleur, est à la croisée de deux exigences majeures : la réduction de l'empreinte environnementale de l'action publique et l'amélioration continue de la performance de l'État.

Dans un contexte marqué par la nécessité de réduire les dépenses publiques et de répondre aux engagements climatiques, il est désormais indispensable d'engager une réforme profonde du modèle de gestion immobilière de l'État. L'enjeu est double : réduire les surfaces occupées et moderniser les espaces, pour atteindre l'objectif de réduction de 25 % du parc immobilier d'ici 2032, tout en améliorant les conditions d'accueil des usagers et de travail des agents publics.

Comme l'a relevé la Cour des comptes dans son rapport consacré à la politique immobilière de l'État, le modèle actuel n'incite aucunement les administrations à optimiser leur occupation des locaux. Le rapport met également en évidence un retard important dans la mise aux normes des bâtiments de l'État, notamment en ce qui concerne la transition énergétique, l'accessibilité et le désamiantage.

Ce retard est attribué à un sousinvestissement chronique dans la maintenance et l'entretien du patrimoine immobilier public.

Cette proposition de loi vise ainsi à créer une foncière de l'État, établissement public à caractère industriel et commercial, chargée d'exercer pleinement les responsabilités de propriétaire sur un portefeuille d'actifs immobiliers transférés en pleine propriété par l'État. Elle incarnera une fonction “Étatpropriétaire”, distincte de celle de l'Étatoccupant, afin d'assurer une gestion rationnelle, professionnelle et durable du patrimoine immobilier public.

Le modèle de foncière, largement éprouvé à l'étranger (Allemagne, RoyaumeUni, Italie, Finlande…), est également recommandé par le Conseil Immobilier de l'État depuis plusieurs années. Il permet de centraliser les moyens et les compétences, de mutualiser les investissements, et d'instaurer une relation locative contractuelle entre l'Étatpropriétaire et l'Étatoccupant.

Le texte encadre les modalités de transfert des biens à la foncière, ainsi que les principes de fonctionnement de l'établissement :

responsabilisation du propriétaire, chargé de la mise aux normes, de la rénovation et de la valorisation des biens,

engagement contractuel des occupants, via le paiement d'un loyer et la formalisation des usages,

gouvernance claire, reposant sur un conseil d'administration présidé par la directrice ou le directeur de la direction de l'immobilier de l'État.

La foncière disposera également de capacités d'intervention pour transformer ou céder des biens obsolètes ou sousutilisés, et contribuer ainsi à l'effort national de création de logements. Elle incarnera une nouvelle dynamique : réduire les surfaces, moderniser les locaux, rendre plus sobre et plus lisible l'empreinte immobilière de l'État.

L'article 1er de la présente proposition de loi crée donc les fondements juridiques et opérationnels d'une réforme ambitieuse et structurante, qui vise à faire de l'État un propriétaire exemplaire, au service de l'intérêt général, de la performance publique et de la transition écologique.