Dispositif :
Compléter cet article par les huit alinéas suivants :
« X. – L'établissement public mentionné au IV du présent article remet au Parlement un rapport annuel détaillé sur son activité, sa situation financière et l'exécution de ses missions. Ce rapport présente notamment :
« a) la liste des biens immobiliers dont il est propriétaire ou gestionnaire, ainsi que les évolutions intervenues au cours de l'année écoulée ;
« b) les opérations de cession, d'acquisition, de valorisation et de transformation réalisées ou engagées ;
« c) les loyers facturés aux occupants publics et privés et leur évolution ;
« d) la situation financière de l'établissement, incluant son niveau d'endettement, ses engagements hors bilan et l'affectation des produits résultant de son activité ;
« e) l'impact des activités de l'établissement sur les objectifs de transition écologique, de rénovation énergétique du bâti, de sobriété foncière ;
« f) les conséquences territoriales des opérations immobilières conduites.
« Ce rapport est transmis au Parlement au plus tard le 30 mai de l'année civile suivante et rendu public. »
Exposé sommaire :
Cette proposition de loi crée un établissement public national appelé à exercer des responsabilités étendues sur un périmètre immobilier considérable, incluant la gestion, la valorisation, la cession de biens et le recours à l'endettement. Compte tenu de l'ampleur des enjeux patrimoniaux, financiers et territoriaux attachés à ces missions, il est indispensable de renforcer les mécanismes de contrôle et d'information du Parlement, dans le respect des prérogatives constitutionnelles de ce dernier en matière de contrôle de l'action publique.
L'obligation de remise d'un rapport annuel détaillé permet d'assurer une transparence effective sur l'évolution du patrimoine confié à l'établissement, sur les opérations immobilières conduites et sur les conditions économiques dans lesquelles celles-ci sont mises en œuvre. Elle offre au Parlement une vision consolidée des choix opérés en matière de cessions, de valorisation et de loyers, ainsi que de leurs conséquences sur les administrations occupantes et, plus largement, sur l'organisation des services publics.
Ce rapport constitue également un outil essentiel de suivi des équilibres financiers du dispositif. L'établissement public étant autorisé à recourir à l'emprunt et à engager des opérations complexes, il est nécessaire que le Parlement dispose d'une information régulière sur sa situation financière, son niveau d'endettement, ses engagements hors bilan et l'affectation des produits résultant de son activité, afin d'apprécier la pertinence et la soutenabilité du modèle retenu et les risques susceptibles de peser in fine sur les finances publiques.
Pour finir, au regard des objectifs affichés de transition écologique, de sobriété foncière et d'aménagement du territoire, le rapport annuel permettra d'évaluer concrètement l'impact des activités de l'établissement sur la rénovation énergétique du bâti public, la réduction de l'empreinte foncière et les dynamiques territoriales. En rendant ce rapport public, cet amendement contribue à renforcer la redevabilité de l'établissement et à garantir que la gestion du patrimoine immobilier de l'État demeure pleinement orientée vers l'intérêt général.
Sort : Rejeté | Déposé le 23/01/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC2345P0D1N000057.xml
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Moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État
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Procédure
- 16 septembre 2025 — Dépôt du texte (n° 1796)
- 14 janvier 2026 — Examen en commission (Commission des affaires culturelles et de l'éducation)
- 28 janvier 2026 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Le patrimoine immobilier de l'État représente 96 millions de mètres carrés, dont 23 millions de mètres carrés de bureaux. Ce parc, par son ampleur, est à la croisée de deux exigences majeures : la réduction de l'empreinte environnementale de l'action publique et l'amélioration continue de la performance de l'État.
Dans un contexte marqué par la nécessité de réduire les dépenses publiques et de répondre aux engagements climatiques, il est désormais indispensable d'engager une réforme profonde du modèle de gestion immobilière de l'État. L'enjeu est double : réduire les surfaces occupées et moderniser les espaces, pour atteindre l'objectif de réduction de 25 % du parc immobilier d'ici 2032, tout en améliorant les conditions d'accueil des usagers et de travail des agents publics.
Comme l'a relevé la Cour des comptes dans son rapport consacré à la politique immobilière de l'État, le modèle actuel n'incite aucunement les administrations à optimiser leur occupation des locaux. Le rapport met également en évidence un retard important dans la mise aux normes des bâtiments de l'État, notamment en ce qui concerne la transition énergétique, l'accessibilité et le désamiantage.
Ce retard est attribué à un sous‑investissement chronique dans la maintenance et l'entretien du patrimoine immobilier public.
Cette proposition de loi vise ainsi à créer une foncière de l'État, établissement public à caractère industriel et commercial, chargée d'exercer pleinement les responsabilités de propriétaire sur un portefeuille d'actifs immobiliers transférés en pleine propriété par l'État. Elle incarnera une fonction “État‑propriétaire”, distincte de celle de l'État‑occupant, afin d'assurer une gestion rationnelle, professionnelle et durable du patrimoine immobilier public.
Le modèle de foncière, largement éprouvé à l'étranger (Allemagne, Royaume‑Uni, Italie, Finlande…), est également recommandé par le Conseil Immobilier de l'État depuis plusieurs années. Il permet de centraliser les moyens et les compétences, de mutualiser les investissements, et d'instaurer une relation locative contractuelle entre l'État‑propriétaire et l'État‑occupant.
Le texte encadre les modalités de transfert des biens à la foncière, ainsi que les principes de fonctionnement de l'établissement :
– responsabilisation du propriétaire, chargé de la mise aux normes, de la rénovation et de la valorisation des biens,
– engagement contractuel des occupants, via le paiement d'un loyer et la formalisation des usages,
– gouvernance claire, reposant sur un conseil d'administration présidé par la directrice ou le directeur de la direction de l'immobilier de l'État.
La foncière disposera également de capacités d'intervention pour transformer ou céder des biens obsolètes ou sous‑utilisés, et contribuer ainsi à l'effort national de création de logements. Elle incarnera une nouvelle dynamique : réduire les surfaces, moderniser les locaux, rendre plus sobre et plus lisible l'empreinte immobilière de l'État.
L'article 1er de la présente proposition de loi crée donc les fondements juridiques et opérationnels d'une réforme ambitieuse et structurante, qui vise à faire de l'État un propriétaire exemplaire, au service de l'intérêt général, de la performance publique et de la transition écologique.