Dispositif :
Après l'alinéa 18, insérer l'alinéa suivant :
« En cas de sous-occupation constatée sur une durée définie, comprise entre dix-huit et vingt-quatre mois, l'établissement public peut proposer une réaffectation à un autre service public, à un projet tel que des logements ou des équipements, ou une cession de l'actif, après procédure contradictoire. »
Exposé sommaire :
La création d'une foncière de l'État a pour objet de renforcer l'efficacité de la politique immobilière publique. Toutefois, cet objectif ne pourra être pleinement atteint si l'établissement public ne dispose pas d'un levier opérationnel face aux situations de sous-occupation durable ou de rétention de surfaces non justifiées par les besoins du service public. Sans faculté de réaffectation ou de reprise encadrée, le propriétaire public demeure dépendant du bon vouloir des occupants et ne peut réduire la vacance, accélérer les mutualisations ou mobiliser rapidement des emprises pour des projets prioritaires.
Le présent amendement permet, après une durée de sous-occupation définie et au terme d'une procédure contradictoire, d'organiser la réaffectation des surfaces à un autre service public ou la reprise du bien par la foncière afin d'en optimiser l'usage (mutualisation, densification, reconversion, valorisation), tout en préservant les impératifs de continuité du service et les contraintes spécifiques (notamment défense et sécurité). Il complète ainsi l'architecture de la proposition de loi en donnant à la foncière un pouvoir proportionné, transparent et sécurisé pour lutter contre l'inefficience foncière.
Sort : Rejeté | Déposé le 10/01/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO59048B1796P0D1N000015.xml
Co-authored-by: Franck Allisio <PA793432@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Anthony Boulogne <PA841487@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Eddy Casterman <PA840075@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Jocelyn Dessigny <PA793166@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Edwige Diaz <PA793928@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Alexandre Dufosset <PA840135@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Emmanuel Fouquart <PA840801@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Stéphanie Galzy <PA793892@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Antoine Golliot <PA841605@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Philippe Lottiaux <PA795974@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Claire Marais-Beuil <PA841563@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Matthias Renault <PA841955@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Sophie-Laurence Roy <PA842097@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Emeric Salmon <PA794954@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Jean-Philippe Tanguy <PA795778@deputes.angit.example>
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Moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État
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Procédure
- 16 septembre 2025 — Dépôt du texte (n° 1796)
- 14 janvier 2026 — Examen en commission (Commission des affaires culturelles et de l'éducation)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Le patrimoine immobilier de l'État représente 96 millions de mètres carrés, dont 23 millions de mètres carrés de bureaux. Ce parc, par son ampleur, est à la croisée de deux exigences majeures : la réduction de l'empreinte environnementale de l'action publique et l'amélioration continue de la performance de l'État.
Dans un contexte marqué par la nécessité de réduire les dépenses publiques et de répondre aux engagements climatiques, il est désormais indispensable d'engager une réforme profonde du modèle de gestion immobilière de l'État. L'enjeu est double : réduire les surfaces occupées et moderniser les espaces, pour atteindre l'objectif de réduction de 25 % du parc immobilier d'ici 2032, tout en améliorant les conditions d'accueil des usagers et de travail des agents publics.
Comme l'a relevé la Cour des comptes dans son rapport consacré à la politique immobilière de l'État, le modèle actuel n'incite aucunement les administrations à optimiser leur occupation des locaux. Le rapport met également en évidence un retard important dans la mise aux normes des bâtiments de l'État, notamment en ce qui concerne la transition énergétique, l'accessibilité et le désamiantage.
Ce retard est attribué à un sous‑investissement chronique dans la maintenance et l'entretien du patrimoine immobilier public.
Cette proposition de loi vise ainsi à créer une foncière de l'État, établissement public à caractère industriel et commercial, chargée d'exercer pleinement les responsabilités de propriétaire sur un portefeuille d'actifs immobiliers transférés en pleine propriété par l'État. Elle incarnera une fonction “État‑propriétaire”, distincte de celle de l'État‑occupant, afin d'assurer une gestion rationnelle, professionnelle et durable du patrimoine immobilier public.
Le modèle de foncière, largement éprouvé à l'étranger (Allemagne, Royaume‑Uni, Italie, Finlande…), est également recommandé par le Conseil Immobilier de l'État depuis plusieurs années. Il permet de centraliser les moyens et les compétences, de mutualiser les investissements, et d'instaurer une relation locative contractuelle entre l'État‑propriétaire et l'État‑occupant.
Le texte encadre les modalités de transfert des biens à la foncière, ainsi que les principes de fonctionnement de l'établissement :
– responsabilisation du propriétaire, chargé de la mise aux normes, de la rénovation et de la valorisation des biens,
– engagement contractuel des occupants, via le paiement d'un loyer et la formalisation des usages,
– gouvernance claire, reposant sur un conseil d'administration présidé par la directrice ou le directeur de la direction de l'immobilier de l'État.
La foncière disposera également de capacités d'intervention pour transformer ou céder des biens obsolètes ou sous‑utilisés, et contribuer ainsi à l'effort national de création de logements. Elle incarnera une nouvelle dynamique : réduire les surfaces, moderniser les locaux, rendre plus sobre et plus lisible l'empreinte immobilière de l'État.
L'article 1er de la présente proposition de loi crée donc les fondements juridiques et opérationnels d'une réforme ambitieuse et structurante, qui vise à faire de l'État un propriétaire exemplaire, au service de l'intérêt général, de la performance publique et de la transition écologique.