Dispositif :
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport relatif à l'opportunité de la généralisation de la gratuité des repas servis par les centres régionaux des œuvres universitaires, dans tous leurs sites de restauration et points de vente gérés ou agréés.
Exposé sommaire :
Par cet amendement, le groupe LFI-NFP souhaite étudier l'opportunité de mettre en place la gratuité des repas servis par les centres régionaux des œuvres universitaires (CROUS), et ce, sur l'ensemble de leurs sites de restauration.
Les chiffres de la précarité alimentaire étudiante sont inquiétants. D'après le dernier Baromètre IFOP pour l'association COP'1 réalisé en octobre 2024 et intitulé « La précarité étudiante en France : quelle réalité ? » : 36 % des étudiants ont déjà sauté souvent ou de temps en temps des repas par manque d'argent (dont 11 % « souvent »), soit une proportion supérieure à l'ensemble des Français (29 %). 18 % des étudiants ont déjà eu recours à l'aide alimentaire, soit près d'1 étudiant sur 5, et parmi eux, 65 % y ont recours régulièrement ou fréquemment (23 % d'entre eux y ont recours régulièrement, soit au moins 1 fois par semaine). Par ailleurs, en raison de l'inflation, 43 % des étudiants ont déjà réduit les portions/la quantité des différents repas qu'ils prennent. De plus, la mise en place de la généralisation des repas CROUS à 1 € pendant la crise Covid et sa fin prématurée annoncée à la rentrée 2021 a créé selon l'Union étudiante une augmentation des dépenses des étudiants de + 506 € par an pour s'alimenter au CROUS.
Cette situation est intolérable, et nous ne pouvons nous en satisfaire. Si nous soutenons évidemment le retour de la généralisation des repas CROUS à 1 €, qui permettra d'améliorer le pouvoir d'achat des étudiants et de leur assurer une meilleure alimentation, la situation alimentaire des étudiants est tellement grave que la question de l'opportunité de la mise en place de la gratuité totale des repas CROUS se pose inévitablement. Tel était ainsi l'objet d'un amendement que nous avions déposé en ce sens lors des discussions du PLF 2025.
Dans ce contexte, les récentes annonces gouvernementales sur le sujet sont indécentes. En effet, lors d'un déplacement le lundi 25 novembre 2024, le ministre actuel de l'enseignement supérieur et de la recherche Patrick Hetzel a annoncé la mise en place à partir de février 2025 d'une aide financière de 40 € par mois pour les étudiants boursiers et 20 € pour les étudiants non-boursiers (+ 10 € dans les territoires ultramarins) évoluant sur des territoires où l'offre de restauration à tarif modéré se situe à plus de 20 minutes à pied ou en transport en commun. 100 000 étudiants devraient bénéficier de cette mesure, pour un montant de 38 M€ pour l'année 2025. De nombreux syndicats s'offusquent légitimement de cette mesure comme la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) qui dénonce un montant « dérisoire » ou encore l'UNEF qui souligne la nécessité de reconstruire un service public de la restauration universitaire en exigeant « l'ouverture de nouveaux restaurants universitaires et de cafets pour garantir l'accès à la tarification sociale » pour tout le monde.
Sort : Adopté | Déposé le 28/11/2024
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO419604B0519P0D1N000001.xml
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Rendre accessible à tous les étudiants le repas à 1 euro
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Procédure
- 29 octobre 2024 — Dépôt du texte (n° 519)
- 4 décembre 2024 — Examen en commission (Commission saisie au fond)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
« 36 % des étudiants déclarent avoir déjà sauté souvent ou de temps en temps des repas par manque d'argent ».
Ce chiffre issu du baromètre IFOP (Institut français d'opinion publique) & Cop1 ([1]) d'octobre 2024 nous rappelle que année après année, la pauvreté étudiante ne cesse d'augmenter.
Alors que la période du covid avait mis en lumière ce qui représentait depuis des années le quotidien des étudiants, les files devant les banques alimentaires n'ont cessé de s'accroître depuis. Les universités ont vu de plus en plus d'associations voir le jour avec un même objectif : lutter contre la précarité étudiante. Distributions alimentaires, distributions de protections périodiques ou dispositifs d'hébergement d'urgence sont autant d'actions menées par des associations qui ont été développées pour pallier les carences de l'État.
Ainsi, toujours selon cette même enquête, 65 % des répondants déclarent avoir eu recours à l'aide alimentaire.
Dès lors, l'article L. 822‑1 du code de l'éducation disposant que « le réseau des œuvres universitaires contribue à assurer aux étudiants une qualité d'accueil et de vie propice à la réussite de leurs parcours de formation » ne semble plus respecté. Bien que les restaurants universitaires offrent une solution potentielle à cette précarité alimentaire, seuls 54 % des étudiants les fréquentent régulièrement. Si les obstacles sont divers, l'étude de l'IFOP et Cop1 nous indique que pour 13 % des étudiants les tarifs de cette restauration sont jugés trop élevés.
Limité aujourd'hui aux étudiants boursiers et aux précaires, le repas à 1 euro, mesure dite de « justice sociale », exclut dans sa forme actuelle un trop grand nombre d'étudiants. En janvier 2021, alors que le Gouvernement avait ouvert temporairement la mesure pour tous les étudiants, l'afflux d'étudiants aux restaurants universitaires avait montré l'importance de l'élargissement de ce dispositif. Le lendemain de l'annonce du Président de la République, quasiment autant d'étudiants boursiers et non boursiers avaient bénéficié de la mesure. En effet, ils étaient 20 000 étudiants non boursiers pour 28 000 étudiants boursiers. Pourtant, le Gouvernement a décidé de revenir sur cette mesure en la limitant aux boursiers et plus précaires.
Si tant d'étudiants non boursiers ont bénéficié de la mesure, cela témoigne, d'une part, du fait que le système de bourses actuel laisse de côté un trop grand nombre d'étudiants (notamment du fait du rattachement au foyer fiscal des parents). Il est donc indispensable de dé‑corréler le repas à 1 euro du statut de boursiers. D'autre part, cela démontre que, pour les non boursiers, la possibilité d'en bénéficier sur justification de sa précarité est trop restrictive. Alors que la population étudiante est celle qui renonce le plus à ses droits, la généralisation du dispositif de repas à 1 euro s'impose.
Les freins sont nombreux pour bénéficier du repas à 1 euro dans sa configuration actuelle : inégal accès pour les précaires à ce dispositif, éloignement géographique des restaurants, taux de non recours élevé et manque d'accès à l'information,
Pour l'ensemble de ces raisons, nous demandons la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants d'une part, et son déploiement dans l'ensemble des sites de restauration d'autre part (les cafétérias).
L'article 1er modifie l'étendue de la mesure du repas à 1 euro pour tous les étudiants, sans conditions de ressources. Il permet ainsi à l'ensemble des étudiants de pouvoir bénéficier de ce dispositif dans tous les sites de restauration du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS).
L'article 2 gage la présente proposition de loi.