Renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap
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Christine Le Nabour 35079a4721 Amendement 8 — après art. 3
Dispositif :

    Le cinquième alinéa de l'article L. 917‑1 du code de l'éducation est complété par une phrase ainsi rédigée : « Les accompagnants des élèves en situation de handicap doivent recevoir une formation complète avant leur prise de fonction, dans un délai maximal de deux mois après leur affectation. »

Exposé sommaire :

    Les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) jouent un rôle central dans l'accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers, mais leur formation initiale et continue reste largement insuffisante. Actuellement, les AESH reçoivent une formation 60 heures, souvent plusieurs mois après leur prise de fonction. Ce décalage crée une situation où ces professionnels interviennent auprès des élèves sans avoir les outils nécessaires pour répondre efficacement à leurs besoins spécifiques.
    Les auditions menées dans le cadre de l'évaluation de la loi de 2005 ont mis en lumière cette situation préoccupante, soulignant que l'insuffisance de formation constitue un véritable frein à l'inclusion scolaire des élèves à besoins éducatifs particuliers. L'attente de plusieurs mois avant la formation des AESH a des conséquences directes sur la qualité de l'accompagnement des élèves. Ces retards dans la formation initiale et continue empêchent les AESH d'acquérir les compétences nécessaires pour traiter des situations complexes, telles que l'accompagnement des élèves autistes ou des enfants avec des troubles sensoriels ou cognitifs.
    En outre, les auditions ont révélé que le manque de formation continue et l'absence de dispositifs de suivi et d'adaptation des compétences au fil des années compliquent l'intégration des AESH dans des environnements pédagogiques de plus en plus diversifiés. Ce manque de préparation entraîne une surcharge de travail pour les AESH, mais aussi pour les équipes pédagogiques, qui doivent faire face à l'isolement de ces professionnels et à l'insuffisance de soutien technique.
    Cet amendement vise donc à garantir que les AESH reçoivent une formation complète avant leur prise de fonction, dans un délai de deux mois maximum après leur affectation. Il est essentiel que cette formation initiale soit dispensée dès leur entrée en poste, afin qu'ils puissent apporter un soutien efficace aux élèves dès le début de leur mission. En outre, un dispositif de formation continue devra être mis en place pour accompagner leur montée en compétences tout au long de l'année scolaire et en fonction des besoins spécifiques des élèves accompagnés.
    Cette mesure vise à renforcer l'efficacité de l'accompagnement des élèves en situation de handicap, à améliorer les conditions de travail des AESH, et à garantir l'équité dans l'accès à une formation de qualité pour tous les professionnels de l'éducation inclusive.

Sort : Adopté | Déposé le 01/05/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC1360P0D1N000008.xml

Co-authored-by: Sophie Panonacle <PA719632@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Graziella Melchior <PA719338@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Moerani Frébault <PA840235@deputes.angit.example>
Groupe: EPR
Angit-Diff: auto
2025-05-01 12:00:00 +02:00
articles Amendement 8 — après art. 3 2025-05-01 12:00:00 +02:00
.mailmap Dépôt : Renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap 2024-10-15 12:00:00 +02:00
README.md Texte de la commission — réconciliation avec le texte officiel 2025-04-30 12:00:00 +02:00

Renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap

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Source : dossier législatif sur assemblee-nationale.fr — données sous Licence Ouverte 2.0.

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Procédure

  • 15 octobre 2024 — Dépôt du texte (n° 439)
  • 30 avril 2025 — Examen en commission (Commission saisie au fond)
  • 5 mai 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Depuis la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la France s'est engagée résolument dans la voie de l'école inclusive. Cette loi fondatrice a posé le principe du droit à la scolarisation de tous les enfants et adolescents en situation de handicap, et a fait de l'école ordinaire le lieu privilégié de cette scolarisation.

Cet engagement a été réaffirmé lors de la conférence nationale du handicap d'avril 2023, qui a lancé l'acte II de l'école inclusive. Les acteurs de l'éducation, du médicosocial et de la société civile y ont renouvelé leur volonté commune de rendre effectifs les droits des élèves en situation de handicap, en garantissant non seulement l'accès à l'école, mais aussi un parcours adapté et respectueux des besoins individuels.

Au cours des deux dernières décennies, des progrès considérables ont été accomplis. D'après le rapport de la Cour des comptes sur « L'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap » publié en septembre 2024, le nombre d'élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a triplé, passant de 155 000 en 2006 à plus de 430 000 en 2022. L'accompagnement humain s'est fortement développé, avec près de 80 000 accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) aujourd'hui. De nouveaux dispositifs ont vu le jour, comme les unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) ou les pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL).

Cependant, malgré ces avancées, de nombreux défis persistent pour garantir à chaque élève en situation de handicap un parcours de formation adapté et un accompagnement personnalisé tout au long de sa scolarité. Les familles font encore trop souvent face à un "parcours du combattant" administratif. La coordination entre les secteurs éducatif et médicosocial reste perfectible. Les enseignants et accompagnants manquent parfois d'outils et de formation pour répondre aux besoins spécifiques des élèves. L'accessibilité des locaux et des supports pédagogiques demeure inégale sur le territoire.

Par ailleurs, si l'objectif quantitatif de scolarisation en milieu ordinaire a largement progressé, des interrogations subsistent sur la qualité des parcours et l'insertion professionnelle ultérieure des jeunes en situation de handicap. Le taux de chômage des personnes handicapées reste près de deux fois supérieur à la moyenne nationale, soulignant la nécessité de renforcer l'accompagnement vers l'emploi.

Face à ces constats, la présente proposition de loi vise à franchir une nouvelle étape vers une école pleinement inclusive, en agissant sur trois leviers principaux.

L'article 1er vise à renforcer le suivi individualisé des parcours, à travers la généralisation du livret de parcours inclusif. Cet outil numérique permettra un meilleur partage d'informations entre tous les professionnels intervenant auprès de l'élève, dans le respect du secret professionnel.

L'article 2 vise à l'amélioration du pilotage de la politique d'inclusion scolaire, avec la création d'un Observatoire national de la scolarisation et de l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Celuici permettra de disposer de données fiables pour évaluer l'impact des dispositifs mis en place et identifier les leviers d'amélioration.

L'article 3 a pour objectif de renforcer les compétences des équipes éducatives, en ouvrant aux enseignants volontaires la possibilité de suivre la formation prévue pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap. Cette mesure favorisera une meilleure compréhension mutuelle entre enseignants et accompagnants.

Enfin, l'article 4 prévoit la compensation de la charge financière pour l'État par la majoration de l'accise sur les tabacs.

À travers ces axes, cette proposition de loi entend donner une nouvelle impulsion à la politique d'éducation inclusive, au service de la réussite de tous les élèves.