Renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap
Find a file
Le Gouvernement e4c8af2020 Amendement 69 (Rect) — après art. 3
Dispositif :

    I. – L'article L. 351‑3 du code de l'éducation est ainsi modifié :
    1° Au premier alinéa, les mots : « horaire, cette » sont remplacés par les mots : « ou mutualisée, la décision est communiquée au pôle d'appui à la scolarité mentionné au troisième alinéa du présent article, qui organise sa mise en œuvre. Cette » ;
    2° Le deuxième alinéa est supprimé ;
    3° L'avant-dernier alinéa est remplacé par quatre alinéas ainsi rédigés :
    « Des pôles d'appui à la scolarité sont créés dans chaque département pour mieux prendre en compte les besoins éducatifs particuliers de l'enfant, notamment en situation de handicap, en vue du développement de son autonomie. Ils assurent, pour les écoles et établissements scolaires de l'enseignement public et de l'enseignement privé sous contrat de leur ressort :
    « 1° La mise en œuvre des décisions mentionnées au premier alinéa du présent article ;
    « 2° L'accueil des enfants à besoins éducatifs particuliers et de leurs familles, ainsi que, après analyse des besoins de l'enfant, la définition et la mise en œuvre des réponses de premier niveau et, en cas de besoin, l'accompagnement des familles dans la formulation d'une demande de compensation auprès de la maison départementale des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146‑3 du code de l'action sociale et des familles, à laquelle ils transmettent tous les éléments d'appréciation utiles à l'évaluation de la demande ;
    « 3° La mobilisation et la coordination des moyens matériels et humains disponibles, ainsi que le soutien aux équipes éducatives en matière de ressources pédagogiques et de formation. ».
    II. – L'article L. 351‑3 du code de l'éducation dans sa version issue de la présente loi est applicable dans les départements ou territoires dans lesquels sont créés des pôles d'appui à la scolarité. Les dispositions de l'article L. 351‑3 dans sa version antérieure à la présente loi demeurent applicables dans les autres départements.
    Les pôles d'appui à la scolarité sont créés dans tous les départements au plus tard le 1 er septembre 2027. Dès leur création, ils se substituent, dans chaque département ou territoires, aux pôles inclusifs d'accompagnement localisés.

Exposé sommaire :

    Nous proposons d'inscrire dans le code de l'Education les pôles d'appui à la scolarité qui font l'objet d'une préfiguration depuis la rentrée de 2024.
    Ce pôle devient l'organe opérationnel de coordination pour l'organisation de la réponse aux difficultés d'un élève : adaptation pédagogique, matériel adapté, aide humaine, ou mobilisation de professionnels médico-sociaux.
    Plusieurs missions lui sont confiés : expertiser les besoins des élèves, accueillir les familles, proposer de réponses de premier niveau, soutenir les équipes pédagogiques, mobiliser des ressources territoriales.
    Lorsqu'un besoin de compensation plus large est identifié, ces pôles accompagnent les familles dans la constitution d'un dossier auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
    C'est la matérialisation d'une meilleure collaboration entre l'Education Nationale et les acteurs du médico social.
    L'article organise également la montée en charge progressive de ce nouveau cadre d'action.
    Les dispositions entreront en vigueur à compter du 1er septembre 2025 dans les territoires où les pôles d'appui auront été créés. (470 territoires à date)
    Dans les autres départements ou territoires, la version antérieure de l'article restera en vigueur jusqu'à la généralisation des pôles, au plus tard le 1er septembre 2027.
    Ces pôles d'appui se substitueront alors aux pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL), désormais intégrés dans une logique de coordination élargie.
    L'objectif poursuivi est de garantir à chaque élève concerné un accompagnement adapté, lisible, et mis en œuvre dans des délais compatibles avec les exigences de la scolarisation, dans le respect du principe d'égalité d'accès à l'école pour tous.
    Dans le cadre de la poursuite de l'Acte 2 de l'École Inclusive, l'instauration des Pôles d'Appui à la Scolarité (PAS) répond à un besoin identifié de coordination renforcée, d'intervention réactive et de lisibilité dans l'accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers. L'expérimentation menée dans quatre départements (Aisne, Var, Côte-d'Or, Eure-et-Loir) a permis de confirmer la pertinence et l'efficacité du modèle proposé.
    Les PAS sont unanimement salués par les acteurs de terrain comme une solution opérationnelle innovante et efficace, favorisant la réactivité, la collaboration entre professionnels de l'Éducation nationale, du médico-social, et du secteur associatif, et la simplification des démarches pour les familles. Plus de 2 800 enfants ont déjà bénéficié d'un accompagnement dans les premiers mois, avec des délais de réponse remarquablement courts, illustrant la capacité du dispositif à répondre à des situations urgentes et complexes.
    Chaque territoire a pu expérimenter une organisation adaptée à son contexte, révélant la souplesse du modèle PAS :
    - dans l'Aisne, la stratégie déconcentrée permet l'implication locale et le développement d'une culture commune entre professionnels. - dans le Var, l'organisation centralisée facilite le suivi des données et la cohérence du pilotage. - en Côte-d'Or, le remplacement des PIAL par le PAS départemental a permis une coordination renforcée et une meilleure mobilisation des ressources. - en Eure-et-Loir, malgré l'absence initiale de cadre réglementaire, les dynamiques locales ont été porteuses, et un pilotage tripartite (État/ARS/Rectorat) s'est structuré efficacement. Les PAS interviennent de manière concrète : évaluation des besoins, co-construction des réponses pédagogiques, appui aux familles, coordination entre les professionnels. Ils permettent une approche globale, intégrée, de la scolarisation des élèves en situation de handicap ou rencontrant des difficultés persistantes.
    L'évaluation a néanmoins mis en lumière des points de vigilance, appelant une clarification du cadre national : définition des missions, articulation entre coordination et intervention directe, équilibre entre cadrage central et marges locales d'adaptation. Ces enjeux plaident pour une entrée dans la loi, permettant de sécuriser et pérenniser le dispositif.
    La formalisation législative permettra :
    - d'asseoir la légitimité du PAS comme outil central de l'école inclusive ; - de garantir l'équité territoriale, tout en préservant les capacités d'innovation ; - de poser les bases réglementaires et fonctionnelles d'un modèle unifié mais adaptable, avec des modalités claires d'intervention, de gouvernance et d'évaluation.
    L'ensemble des retours recueillis lors de cette phase préfiguratrice converge vers la même conclusion : les PAS apportent une réponse concrète, efficace et attendue aux besoins de terrain.

Sort : Adopté | Déposé le 05/05/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC1360P0D1N000069.xml

Groupe: Gouvernement
Angit-Diff: auto
2025-05-05 12:00:00 +02:00
articles Amendement 69 (Rect) — après art. 3 2025-05-05 12:00:00 +02:00
.mailmap Dépôt : Renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap 2024-10-15 12:00:00 +02:00
README.md Texte de la commission — réconciliation avec le texte officiel 2025-04-30 12:00:00 +02:00

Renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap

Dépôt généré par angit : la vie de ce texte de loi représentée en Git. Chaque paragraphe des fichiers d'articles est un alinéa ; les amendements sont des branches (une par amendement) mergées lorsqu'ils sont adoptés.

Source : dossier législatif sur assemblee-nationale.fr — données sous Licence Ouverte 2.0.

Explorer ce dépôt

# Qui a façonné le texte finalement adopté ? (auteurs retenus dans main)
git shortlog -sn --no-merges main

# Qui a déposé le plus d'amendements ? (adoptés ou non)
git shortlog -sn --all --no-merges

# Dépôts d'amendements par groupe politique
git log --all --no-merges --format='%(trailers:key=Groupe,valueonly)' | sort | uniq -c | sort -rn

# Quelle part du texte final vient de qui ? (lignes survivantes)
git blame --line-porcelain articles/*.md | grep '^author ' | sort | uniq -c | sort -rn

# Quand une expression est-elle apparue ou a-t-elle disparu ?
git log --all --oneline -S"votre expression"

# Ce que la procédure a changé, étape par étape (tags de jalons)
git diff depot..texte-adopte -- articles/

# Le cimetière : les amendements restés lettre morte
git branch --no-merged main

Procédure

  • 15 octobre 2024 — Dépôt du texte (n° 439)
  • 30 avril 2025 — Examen en commission (Commission saisie au fond)
  • 5 mai 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Depuis la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la France s'est engagée résolument dans la voie de l'école inclusive. Cette loi fondatrice a posé le principe du droit à la scolarisation de tous les enfants et adolescents en situation de handicap, et a fait de l'école ordinaire le lieu privilégié de cette scolarisation.

Cet engagement a été réaffirmé lors de la conférence nationale du handicap d'avril 2023, qui a lancé l'acte II de l'école inclusive. Les acteurs de l'éducation, du médicosocial et de la société civile y ont renouvelé leur volonté commune de rendre effectifs les droits des élèves en situation de handicap, en garantissant non seulement l'accès à l'école, mais aussi un parcours adapté et respectueux des besoins individuels.

Au cours des deux dernières décennies, des progrès considérables ont été accomplis. D'après le rapport de la Cour des comptes sur « L'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap » publié en septembre 2024, le nombre d'élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a triplé, passant de 155 000 en 2006 à plus de 430 000 en 2022. L'accompagnement humain s'est fortement développé, avec près de 80 000 accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) aujourd'hui. De nouveaux dispositifs ont vu le jour, comme les unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) ou les pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL).

Cependant, malgré ces avancées, de nombreux défis persistent pour garantir à chaque élève en situation de handicap un parcours de formation adapté et un accompagnement personnalisé tout au long de sa scolarité. Les familles font encore trop souvent face à un "parcours du combattant" administratif. La coordination entre les secteurs éducatif et médicosocial reste perfectible. Les enseignants et accompagnants manquent parfois d'outils et de formation pour répondre aux besoins spécifiques des élèves. L'accessibilité des locaux et des supports pédagogiques demeure inégale sur le territoire.

Par ailleurs, si l'objectif quantitatif de scolarisation en milieu ordinaire a largement progressé, des interrogations subsistent sur la qualité des parcours et l'insertion professionnelle ultérieure des jeunes en situation de handicap. Le taux de chômage des personnes handicapées reste près de deux fois supérieur à la moyenne nationale, soulignant la nécessité de renforcer l'accompagnement vers l'emploi.

Face à ces constats, la présente proposition de loi vise à franchir une nouvelle étape vers une école pleinement inclusive, en agissant sur trois leviers principaux.

L'article 1er vise à renforcer le suivi individualisé des parcours, à travers la généralisation du livret de parcours inclusif. Cet outil numérique permettra un meilleur partage d'informations entre tous les professionnels intervenant auprès de l'élève, dans le respect du secret professionnel.

L'article 2 vise à l'amélioration du pilotage de la politique d'inclusion scolaire, avec la création d'un Observatoire national de la scolarisation et de l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Celuici permettra de disposer de données fiables pour évaluer l'impact des dispositifs mis en place et identifier les leviers d'amélioration.

L'article 3 a pour objectif de renforcer les compétences des équipes éducatives, en ouvrant aux enseignants volontaires la possibilité de suivre la formation prévue pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap. Cette mesure favorisera une meilleure compréhension mutuelle entre enseignants et accompagnants.

Enfin, l'article 4 prévoit la compensation de la charge financière pour l'État par la majoration de l'accise sur les tabacs.

À travers ces axes, cette proposition de loi entend donner une nouvelle impulsion à la politique d'éducation inclusive, au service de la réussite de tous les élèves.