Renforcer les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte
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Ugo Bernalicis 068d875071 Amendement 27 — après art. unique
Dispositif :

    Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la dégradation des droits des personnes étrangères du fait du régime dérogatoire relatif aux droits des étrangers à Mayotte notamment pour accéder à la nationalité française, et ce au regard des différentes réformes.

Exposé sommaire :

    Cet amendement du groupe LFI-NFP propose la réalisation et la remise d'un rapport par les services du Gouvernement sur la dégradation des droits des personnes étrangères du fait du régime dérogatoire relatifs aux droits des étrangers à Mayotte, notamment pour accéder à la nationalité française, et ce au regard des différentes réformes.
    La remise en cause totale du droit du sol constitue une rupture majeure infligeant une profonde entaille dans la conception française de l'accès à la nationalité et consacre un droit différencié entre Mayotte et l'Hexagone. Cette proposition de loi s'ajoute à un régime déjà largement dérogatoire et spécifique à Mayotte, dont l'objectif portée par les gouvernements précédents a toujours été de dissuader autant que possible l'immigration irrégulière, notamment de mineurs, en provenance essentiellement des Comores. Rappelons que le titre de séjour territorialisé prévoit qu'à Mayotte les titres de séjour n'autorisent le séjour que sur le territoire mahorais (art. L441-8 du CESEDA).
    Ce régime toujours plus dérogatoire existant à Mayotte n'a d'impact ni sur les mouvements migratoires ni sur la sécurité des habitant.e.s de l'île ; la seule finalité recherchée et obtenue est d'accentué la précarisation et la mise en danger accrues des personnes étrangères.
    Dans la prolongation de la loi Darmanin, le groupe DR veut renforcer le régime d'exception déjà largement dégradant pour les droits humains. La fuite en avant vers toujours plus d'infra-droit, de logiques dérogatoires et attentatoires aux liberté individuelles va continuer à entraîner Mayotte dans la spirale de l'exclusion, des divisions communautaires et la fracture sociale.
    Comme le défendait Gérald Darmanin le 11 février 2024, alors ministre de l'Intérieur, il faut couper « l'attractivité » de l'île pour les candidats à l'immigration, issus notamment des Comores voisines, et ce apparemment quelques soient les conséquences sur les droits humains. Le présent amendement permettrait de dresser un bilan des conséquences des différentes réformes sur la dégradation des droits des personnes.

Sort : Rejeté | Déposé le 31/01/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC0864P0D1N000027.xml

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articles Amendement 27 — après art. unique 2025-01-31 12:00:00 +02:00
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Renforcer les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte

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Procédure

  • 3 décembre 2024 — Dépôt du texte (n° 693)
  • 29 janvier 2025 — Examen en commission (Commission des lois)
  • 6 février 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

La situation de Mayotte, confrontée à une pression migratoire intense et non maitrisée, nécessite une adaptation urgente et essentielle de nos politiques publiques en matière de nationalité.

Selon l'Insee, depuis 2019, la majorité des habitants est étrangère et il est communément admis que la population réelle est d'environ 30 % supérieure à la population officielle (en réalité plus de 400 000 habitants, avec 1/3 de Français, 1/3 de Comoriens en situation régulière et enfin 1/3 de clandestins). En outre, 82 % des titres de séjour délivrés à Mayotte le sont pour raison familiale, révélant une évolution préoccupante où l'enfant, d'élément central d'un projet de vie, peut être perçu comme un moyen de régularisation administrative.

Cette situation n'est pas sans conséquence. Les habitants de Mayotte, dont près de la moitié sont d'origine étrangère, subissent un déstabilisation sociale et économique alimentée par l'immigration clandestine. Le taux de croissance démographique y est le plus élevé de France, à 4 % par an, avec 74 % des naissances provenant de l'immigration. Cela rend difficile la mise en place de politiques publiques efficaces, notamment dans l'accès aux services de base comme l'éducation, la santé et l'eau potable, et amplifie l'insécurité et la violence, exacerbées par des tensions communautaires.

Il est aussi essentiel de prendre en compte la pression exercée par cette immigration sur l'environnement naturel de l'île, notamment son lagon, l'un des plus beaux du monde, qui souffre des impacts liés à la croissance rapide de la population. C'est dans ce contexte que cette proposition de loi vise à adapter le cadre législatif afin de protéger à la fois la stabilité sociale, économique et environnementale de Mayotte, et d'assurer que le territoire ne devienne plus un carrefour pour les migrations irrégulières.

Face à cette réalité, il est donc impératif de stopper l'attractivité de Mayotte pour les flux migratoires. Le droit du sol, dans sa forme actuelle, joue un rôle d'aimant en attirant des populations en situation irrégulière, contribuant à la pression sur les services publics, tout en affaiblissant l'intégration des Français de Mayotte. L'adaptation législative proposée vise à garantir que l'acquisition de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte soit strictement conditionnée à une résidence régulière et ininterrompue des deux parents pendant au moins un an (article unique). Cette mesure, en alignant la législation sur les réalités démographiques et sociales de l'île, tout en respectant les principes constitutionnels et les spécificités locales de Mayotte, permettra de restaurer un équilibre et de mieux contrôler les flux migratoires.

Cette disposition est conforme aux termes du premier alinéa de l'article 73 de la Constitution, qui précise « dans les départements et les régions d'outremer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».

Le conseil constitutionnel rappelle lui dans sa décision n° 20221025 QPC du 25 novembre 2022, que « le Département de Mayotte est, depuis de nombreuses années, confronté à des flux migratoires exceptionnellement importants et comporte une forte proportion de personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Ce département est soumis à des risques particuliers d'atteintes à l'ordre public. D'autre part, du fait de sa géographie, ces risques concernent l'ensemble de son territoire ».

Compte tenu du contexte et de la situation à Mayotte rappelée cidessus, il est tout à fait légitime que le législateur puisse poursuivre l'objectif de lutte contre l'immigration irrégulière qui participe de la sauvegarde de l'ordre public qui est un objectif de valeur constitutionnelle.