Dispositif :
I. – À la fin de l'alinéa 4, substituer aux mots :
« au moins un an »
les mots :
« plus de quatre mois ».
II. – En conséquence, à la fin de l'alinéa 5, substituer aux mots :
« au moins un an »
les mots :
« plus de quatre mois ».
Exposé sommaire :
Cet amendement de repli du groupe Socialistes et apparentés vise à réduire le délai imposé par ce texte pour permettre l'accès à la nationalité sur le territoire de Mayotte.
Depuis 2018, il est nécessaire de justifier d'une résidence régulière d'au moins 3 mois sur le territoire pour l'accès à la nationalité des enfants qui naissent à Mayotte. Tous les acteurs connaissant le sujet considèrent que ce durcissement des conditions d'accès à la nationalité n'a rien changé à la situation à Mayotte.
Ce texte prévoit d'augmenter ce délai en le faisant passer à un an. Pour la Défenseure des droits, "cette condition contribue à restreindre encore davantage l'accès des enfants à la nationalité française et place les enfants dans une situation d'incertitude et de grande fragilité administrative." Elle considère à ce titre que "ces dispositions portent atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale de ces enfants, prévu à l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et méconnaissent l'intérêt supérieur de l'enfant, protégé par l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Elles les privent en effet du droit d'acquérir la nationalité de leur pays natal au motif de l'irrégularité du séjour de leurs parents ou de l'un d'eux, alors même qu'ils justifient résider en France depuis leur naissance."
Le présent amendement est un simple repli, pour attirer l'attention sur le caractère inique de cette proposition de loi.
Sort : Rejeté | Déposé le 31/01/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC0864P0D1N000057.xml
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Renforcer les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte
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Procédure
- 3 décembre 2024 — Dépôt du texte (n° 693)
- 29 janvier 2025 — Examen en commission (Commission des lois)
- 6 février 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
La situation de Mayotte, confrontée à une pression migratoire intense et non maitrisée, nécessite une adaptation urgente et essentielle de nos politiques publiques en matière de nationalité.
Selon l'Insee, depuis 2019, la majorité des habitants est étrangère et il est communément admis que la population réelle est d'environ 30 % supérieure à la population officielle (en réalité plus de 400 000 habitants, avec 1/3 de Français, 1/3 de Comoriens en situation régulière et enfin 1/3 de clandestins). En outre, 82 % des titres de séjour délivrés à Mayotte le sont pour raison familiale, révélant une évolution préoccupante où l'enfant, d'élément central d'un projet de vie, peut être perçu comme un moyen de régularisation administrative.
Cette situation n'est pas sans conséquence. Les habitants de Mayotte, dont près de la moitié sont d'origine étrangère, subissent un déstabilisation sociale et économique alimentée par l'immigration clandestine. Le taux de croissance démographique y est le plus élevé de France, à 4 % par an, avec 74 % des naissances provenant de l'immigration. Cela rend difficile la mise en place de politiques publiques efficaces, notamment dans l'accès aux services de base comme l'éducation, la santé et l'eau potable, et amplifie l'insécurité et la violence, exacerbées par des tensions communautaires.
Il est aussi essentiel de prendre en compte la pression exercée par cette immigration sur l'environnement naturel de l'île, notamment son lagon, l'un des plus beaux du monde, qui souffre des impacts liés à la croissance rapide de la population. C'est dans ce contexte que cette proposition de loi vise à adapter le cadre législatif afin de protéger à la fois la stabilité sociale, économique et environnementale de Mayotte, et d'assurer que le territoire ne devienne plus un carrefour pour les migrations irrégulières.
Face à cette réalité, il est donc impératif de stopper l'attractivité de Mayotte pour les flux migratoires. Le droit du sol, dans sa forme actuelle, joue un rôle d'aimant en attirant des populations en situation irrégulière, contribuant à la pression sur les services publics, tout en affaiblissant l'intégration des Français de Mayotte. L'adaptation législative proposée vise à garantir que l'acquisition de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte soit strictement conditionnée à une résidence régulière et ininterrompue des deux parents pendant au moins un an (article unique). Cette mesure, en alignant la législation sur les réalités démographiques et sociales de l'île, tout en respectant les principes constitutionnels et les spécificités locales de Mayotte, permettra de restaurer un équilibre et de mieux contrôler les flux migratoires.
Cette disposition est conforme aux termes du premier alinéa de l'article 73 de la Constitution, qui précise « dans les départements et les régions d'outre‑mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».
Le conseil constitutionnel rappelle lui dans sa décision n° 2022‑1025 QPC du 25 novembre 2022, que « le Département de Mayotte est, depuis de nombreuses années, confronté à des flux migratoires exceptionnellement importants et comporte une forte proportion de personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Ce département est soumis à des risques particuliers d'atteintes à l'ordre public. D'autre part, du fait de sa géographie, ces risques concernent l'ensemble de son territoire ».
Compte tenu du contexte et de la situation à Mayotte rappelée ci‑dessus, il est tout à fait légitime que le législateur puisse poursuivre l'objectif de lutte contre l'immigration irrégulière qui participe de la sauvegarde de l'ordre public qui est un objectif de valeur constitutionnelle.