Accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique
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Timothée Houssin 39951bc70c Amendement CD47 — art. premier
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Dispositif :

    I. – Rédiger ainsi l'alinéa 3 :
    « Un navire à propulsion significative vélique est un navire dont au moins 15 % de l'énergie propulsive totale nécessaire à sa navigation est fournie par l'énergie du vent. »
    II. – La perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.
    III. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l'accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

Exposé sommaire :

    Le présent amendement vise à remplacer la notion de “propulsion principale vélique” par la notion de “propulsion significative vélique”. Afin de rendre les dispositifs de cette proposition de loi plus adaptés aux réalités actuelles du transport maritime.
    La rédaction initiale, fondée sur un seuil de 50 % de propulsion assurée par l'énergie du vent, correspond à un objectif ambitieux de transformation du transport maritime. Toutefois, un tel seuil apparaît aujourd'hui trop restrictif, dans la mesure où il ne concerne qu'un nombre très limité de navires. En pratique, seuls quelques navires à propulsion quasi intégralement vélique atteignent ce niveau, soit de l'ordre de cinq unités à l'échelle mondiale et deux à quatre navires en France.
    À l'inverse, la grande majorité des navires équipés de technologies véliques utilise le vent comme source de propulsion auxiliaire, permettant des gains de consommation de carburant généralement compris entre 5 % et 30 %. À l'échelle mondiale, environ soixante à soixante-dix navires sont aujourd'hui équipés de tels dispositifs, et l'abaissement du seuil à 15 % permettrait d'inclure la quasi-totalité de ces navires. En France, sur une flotte estimée entre cinq et dix navires en exploitation réelle, un tel seuil permettrait d'inclure la quasi-totalité des unités existantes.
    Dès lors, le maintien d'un seuil à 50 % reviendrait à restreindre fortement la portée du dispositif à une fraction très limitée de la flotte, alors même que l'essentiel du potentiel de réduction des émissions repose aujourd'hui sur des solutions d'assistance vélique.
    Dans un secteur représentant environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l'enjeu principal réside dans la réduction rapide et massive de la consommation de carburants fossiles. À cet égard, des gains même partiels, appliqués à un grand nombre de navires, ont un impact climatique bien supérieur à des réductions plus importantes mais limitées à un nombre restreint d'unités. Une diminution de 10 à 15 % de la consommation sur une large part de la flotte mondiale permettrait ainsi d'éviter des dizaines de millions de tonnes d'émissions de dioxyde de carbone chaque année.
    Ce changement de seuil a également pour effet d'élargir le champ d'application de plusieurs dispositions de la proposition de loi. En particulier, les dispositifs d'exonération de charges sociales prévus à l'article 2 et les majorations de suramortissement prévues à l'article 3 deviendront accessibles à un nombre plus important de navires, renforçant ainsi leur efficacité économique et environnementale, sans engendrer de surcoût significatif à court terme compte tenu du faible nombre d'unités concernées à ce stade de développement de la filière.

Sort : Retiré | Déposé le 28/03/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO419865B1502P0D1N000047.xml

Co-authored-by: Emmanuel Blairy <PA720668@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Manon Bouquin <PA841131@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Aurélien Dutremble <PA841761@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Auguste Evrard <PA841621@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Julien Guibert <PA841451@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Sébastien Humbert <PA842085@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Julie Lechanteux <PA796026@deputes.angit.example>
Co-authored-by: David Magnier <PA841587@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Matthieu Marchio <PA794530@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Pascal Markowsky <PA840837@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Yaël Ménaché <PA795786@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Pierre Meurin <PA793852@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Béatrice Roullaud <PA795410@deputes.angit.example>
Co-authored-by: Anaïs Sabatini <PA794894@deputes.angit.example>
Groupe: RN
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2026-03-28 12:00:00 +02:00
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Accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique

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Procédure

  • 4 juin 2025 — Dépôt du texte (n° 1502)
  • 1er avril 2026 — Examen en commission (Commission saisie au fond)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit près d'un milliard de tonnes de CO₂ émises chaque année. Dans le cadre de l'Organisation maritime internationale (OMI), les États se sont fixés pour objectif la neutralité carbone de ce secteur en 2050. Il est, pour cela, nécessaire d'accélérer la transition énergétique du transport maritime. Cela passe par le développement d'alternatives crédibles et durables à la propulsion fossile dominante.

Une alternative immédiatement disponible existe. Elle est portée par une filière d'excellence industrielle française. Il s'agit de la propulsion vélique, c'estàdire de l'utilisation directe de l'énergie du vent pour propulser les navires. La filière vélique française repose sur deux composantes complémentaires, également nécessaires à la transition maritime.

La première composante vise la décarbonation immédiate de la flotte mondiale en équipant des navires neufs ou existants, les grands navires de commerce porteconteneurs, vraquiers, pétroliers de dispositifs véliques, tels que des voiles, des ailes, des profils aspirés, des rotors ou des kites, en complément de leur propulsion principale. Ces navires produisent 80 % des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime. Alors que le transport maritime mondial continue de croître et repose essentiellement sur ces navires de grande capacité, il est tout à fait fondamental de réduire la consommation de carburant de ces navires par l'ajout de technologies décarbonées. Une réduction même partielle permet d'éviter des milliers de tonnes de dioxyde de carbone par an et par navire : réduire de 5 % les émissions des grands navires évite l'émission de 50 millions de tonnes de dioxyde de carbone chaque année.

La seconde composante s'attache à réinventer le transport maritime autour des valeurs de sobriété, de robustesse et d'ancrage local. Les initiatives qui la composent sont portées par des compagnies pionnières, parfois constituées en coopératives. Elles développent des voilierscargos conçus pour naviguer principalement à la voile. Elles assurent notamment des liaisons directes avec les territoires ultramarins, en desservant des ports secondaires. Elles travaillent, également, main dans la main avec les producteurs, les chargeurs et la société civile. Ces projets, bien qu'à plus petite échelle, réduisent drastiquement les problématiques associées à la logistique maritime actuelle, c'estàdire, les émissions polluantes, le bruit sousmarin, les risques de pollution, la dépendance au pétrole et le besoin en infrastructures lourdes. Ils incarnent un nouveau récit maritime, cohérent avec les attentes citoyennes, les enjeux climatiques et la diversification logistique des territoires.

Ces deux approches, loin de s'opposer, se renforcent mutuellement. La première réduit, de manière significative, les émissions du secteur existant. La seconde préfigure un nouveau modèle de transport plus sobre, localisé et résilient, tout en expérimentant, dès aujourd'hui, en conditions réelles, les technologies véliques qui pourraient équiper, demain, l'ensemble de la flotte mondiale. Ce sont, en effet, ces néoarmateurs, acteurs agiles, engagés et ancrés dans les territoires, qui offrent aux équipementiers français les premières occasions concrètes de mise en œuvre. En accueillant à bord des technologies encore peu éprouvées, ils jouent un rôle de catalyseur indispensable à la structuration industrielle de la filière. Grâce à eux, les dispositifs véliques développés en France peuvent passer du prototype au démonstrateur, du démonstrateur à la norme.

La France dispose, d'oresetdéjà, d'une base solide pour faire de cette filière un atout stratégique. Plus de 14 équipementiers développent des systèmes véliques innovants, largement soutenus par l'État dans les phases de recherche et développement. Au total, la France compte 16 compagnies maritimes spécialisées. En 3 ans, 3 usines et plus de 1 100 emplois ont été créés. La filière se fixe l'objectif de créer 4 000 emplois d'ici 2030 et de générer 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires.

Cependant, cette dynamique reste fragile car le marché mondial demeure immature. Le cadre juridique est, quant à lui, largement inadapté et les soutiens financiers insuffisants pour permettre aux acteurs français, souvent des PME pionnières, de franchir l'étape du déploiement.

La présente proposition de loi vise à remédier à ces écueils en reconnaissant et soutenant durablement l'ensemble de la filière vélique française. Ainsi :

l'article 1er définit juridiquement le navire marchand à propulsion vélique ;

l'article 2 réinstaure le régime d'exonération de charges sociales pour les navires à propulsion principale vélique ;

l'article 3 modifie le dispositif de suramortissement vert afin de soutenir les investissements dans des flottes réellement décarbonées ;

l'article 4 intègre les navires véliques dans le champ des certificats d'économie d'énergie ;

l'article 5 flèche une part des recettes issues du marché carbone maritime européen au financement de la décarbonation du transport maritime ;

les articles 6 et 7 instaurent un régime d'accises spécifique pour les produits transportés à la voile, afin d'encourager les filières agricoles et ultramarines à recourir à des modes de transport décarbonés, à l'image du rhum,

et l'article 8 gage la proposition de loi.