Création du cadre d'emploi des personnels de santé des services d’incendie et de secours
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Karen Erodi dba2421ef4 Amendement 7 — art. premier
Dispositif :

    Compléter l'alinéa 7 par la phrase suivante :
    « À ces fins de surveillance médicale, les médecins de sapeurs-pompiers complètent, de manière assidue et après chaque intervention à risque identifiée d'un sapeur-pompier professionnel ou volontaire, une fiche de suivi individuel des risques sanitaires ; ».

Exposé sommaire :

    Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose d'inscrire dans les cadres d'emplois de santé une prérogative que nous jugeons capitale à la lumière des travaux récents : la création d'une fiche de suivi permanent des risques sanitaires auxquels sont exposés toute leur vie professionnelle des pompiers, qui serait éditée et remplie après chaque intervention à risques effectuée par les personnels de santé des SIS.
    Les questions de santé et de sécurité de nos 254 800 sapeurs-pompiers de notre pays, quel que soit leur statut (militaire – volontaire – professionnel), sont tues.
    Un rapport d'information du Sénat en date du 29 mai 2024 énonce cet état de fait : « En 2022, l'activité de sapeur-pompier a été reconnue cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer. Il appartient désormais aux pouvoirs publics de mobiliser les moyens nécessaires au renforcement de la prévention des risques liés à la lutte contre l'incendie et du traçage des expositions ainsi que de favoriser la reconnaissance des cancers en maladie professionnelle chez les soldats du feu. »
    Alors que l'exposé des motifs de la loi évoque le mal-être et la santé des pompiers, il n'y est jamais fait mention des maladies professionnelles : c'était justement l'objectif d'une précédente PPR portée par notre ancien collègue Florian Chauche. Pire, le rapporteur se permet même une audace : "en même temps, les préoccupations et obligations de prévention en santé se sont développées, notamment celles liées à la toxicité des fumées d'incendie."
    En effet, les expositions à des agents cancérogènes sont nombreux, des extinctions de feu émettant jusqu'à 200 gaz aux tenues de sécurité contenant des PFAS : pourtant, encore aujourd'hui, ces maladies professionnelles ne sont que très mal reconnues, et que très peu suivies.
    Ce que la sociologie appelle "maladies négociées", c'est-à-dire maladies faisant l'objet de négociations professionnelles préalables à leur reconnaissance, sont toujours en décalage par rapport à l'avancée des connaissances scientifiques. La France, en particulier, est concernée : lorsque la France reconnait deux cancers pouvant être reconnus imputables au service, certaines provinces canadiennes en reconnaissent jusqu'à vingt-deux.
    Par conséquent, et considérant les préconisations de Florian Chauche que nous faisons nôtres : le Gouvernement doit œuvrer au renforcement des moyens de la médecine du travail des sapeurs-pompiers, notamment des moyens humains, et doit poursuivre les efforts pour passer d'une médecine d'aptitude et de sélection à une médecine du travail et de prévention. La prévention, bien sûr, passe par le contrôle sanitaire et le suivi médical assidu.
    Nous l'affirmons parce que la colère des sapeurs-pompiers, en la matière, est grande. L'Etat n'a pas suffisamment protégé ses soldats du feu, et n'a pas employé tous les moyens à sa disposition pour améliorer la reconnaissance, le suivi et la prise en charge de maladies professionnelles, souvent graves.
    C'est pourquoi nous reprenons à notre compte cette recommandation du Sénat : élaborer un modèle national de fiche d'exposition à des facteurs de risques spécifique à l'activité de sapeur-pompier et en préciser les modalités dans les cadres d'emplois de santé des sapeurs-pompiers. Cela nous parait essentiel – bien qu'insuffisant pour pallier aux risques concrets – et c'est pourquoi nous soumettons sa création au vote de notre Assemblée.
    Il s'agit ainsi de prévoir que, dans l'exercice de leur compétence de suivi médical des sapeurs-pompiers, les médecins du service de santé fassent usage de cette fiche de suivi individuel des risques sanitaires.

Sort : Tombé | Déposé le 21/02/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC0994P0D1N000007.xml

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articles Amendement 7 — art. premier 2025-02-21 12:00:00 +02:00
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README.md Texte de la commission — réconciliation avec le texte officiel 2025-02-19 12:00:00 +02:00

relative à l'organisation et aux missions des personnels de santé professionnels et volontaires des services d'incendie et de secours

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Procédure

  • 21 janvier 2025 — Dépôt du texte (n° 841)
  • 19 février 2025 — Examen en commission (Commission des affaires sociales)
  • 6 mars 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Durant les trente dernières années le nombre de sapeurspompiers volontaires et professionnels n'a cessé d'augmenter en France, ils sont aujourd'hui 239 600 dont 41 800 sapeurspompiers professionnels.

Leur activité est faite de secours et de soins aux personnes, de lutte contre les incendies, de secours routiers et d'opérations diverses.

Les services départementaux d'incendie et de secours (SIS) disposent de médecins mais aussi d'infirmiers, de pharmaciens, de vétérinaires et de psychologues, sapeurspompiers professionnels ou volontaires. Ils y exercent leur art au bénéfice des victimes secourues, tout autant qu'à celui des personnels et agents des SDIS. En effet, la caractéristique de cette médecine est qu'elle associe en compétence et en aptitude : la médecine d'aptitude et de prévention, la médecine d'urgence pré hospitalière et la médecine générale. Elle fait appel à des connaissances de santé publique qui en font une exception au sein du système de santé.

Or, paradoxe de ce système, plus le nombre des sapeurspompiers croît, plus il semble difficile de recruter des médecins, infirmiers, pharmaciens, psychologues et docteursvétérinaires pour assurer les suivis et l'accompagnement des pompiers au sein des services d'Incendie et de secours (SIS).

Autre paradoxe et non le moindre, le nombre de médecins présents dans les services d'incendie et de secours (SIS) n'a cessé de diminuer alors même que l'âge moyen des sapeurspompiers, lui, n'a cessé d'augmenter.

Les sousdirections de santé des SIS sont, aujourd'hui, composés à 96 % par des pompiers volontaires avec 3 724 médecins, 7 843 infirmiers, 564 pharmaciens, 306 vétérinaires, 347 psychologues et 86 cadres de santé.

Autre vérité qu'il convient de rappeler, les missions des sapeurspompiers ont énormément évolué sur les 15 dernières années et les risques qui s'y attachent également.

Ainsi, même si l'activité s'est plus recentrée sur les secours et soins aux personnes au détriment de l'incendie et du secours routier, il semble important de noter que d'autres risques, ayant un impact direct sur l'état de santé des sapeurspompiers, se sont accentués, nécessitant un suivi renforcé de la part des services médicaux des sapeurspompiers.

C'est le cas notamment des troubles musculosquelettiques, principale cause des arrêts maladie chez les sapeurspompiers, qui sont notamment provoqués par les activités de brancardage ou de transport des victimes. En même temps, les préoccupations et obligations de prévention en santé se sont développées, notamment celles liées à la toxicité des fumées d'incendie.

Les risques psychosociaux ont également fortement augmenté, en corrélation avec l'augmentation du nombre des agressions dont sont victimes les sapeurspompiers (+ 380 % en 15 ans) et l'augmentation en volume de l'activité, qui mobilise les sapeurspompiers de plus en plus fréquemment.

Cependant, il existe aujourd'hui une anomalie dans le fonctionnement des services de santé des SIS car : ils sont en charge de la médecine d'aptitude et de prévention, du soutien sanitaire opérationnel au profit des sapeurspompiers en plus de leurs missions dans le cadre de l'aide médicale urgente au profit des victimes secourues. Or, à ce jour les médecins de sapeurspompiers exercent cumulativement toutes ces fonctions sans y avoir été expressément autorisés par les textes en vigueur.

En effet, un médecin ne peut être, tout à la fois, médecin de prévention, médecin d'aptitude ou médecin de soins. De plus, la certification des professionnels de santé, qui vise à l'amélioration de la qualité des soins, ne prend pas en compte les modes d'exercice particuliers tel celui des médecins de sapeurspompiers qui n'est pas identifié comme une spécialité médicale.

La plupart des SIS évoluent donc dans un cadre légal qui n'est ni clair ni transparent puisqu'ils ne disposent pas de médecins du travail susceptible d'assurer les visites de prévention de sapeurspompiers professionnels. Et, pour autant, les SIS sont très attachés à leur fonctionnement actuel de suivi médical de leurs personnels, qu'ils jugent adapté et performant.

Le suivi médical des sapeurspompiers est ainsi assuré par les médecins et infirmiers de sapeurspompiers, au sein des services de santé et de secours médicaux des SIS. Un certain nombre d'examens y sont réalisés par les infirmiers et les médecins dans le cadre des dispositions de l'arrêté du ministre de l'Intérieur du 6 mai 2000, fixant les conditions d'aptitude médicale des sapeurspompiers professionnels et volontaires et les conditions d'exercice de la médecine professionnelle et préventive au sein des SIS. À l'issue de ces examens, un avis d'aptitude est rendu lors de la visite médicale dite périodique.

Les sapeurspompiers, professionnels et volontaires, peuvent également être reçus en consultation d'urgence par le médecin de sapeurspompiers.

Par analogie, il apparaît que l'exercice duquel se rapproche le plus celui des médecins de sapeurspompiers professionnels est celui des médecins des forces du service de santé des Armées, qui disposent du statut particulier des praticiens des Armées autorisant la polyvalence de leur exercice.

Dans un contexte de rareté de la ressource et afin de permettre aux services de santé des SIS de conserver leur mode de fonctionnement qui s'est grandement structuré depuis la mise en œuvre de la départementalisation des SIS, il apparaît nécessaire de créer un cadre d'emploi particulier pour les personnels des services de santé des SIS, pour qu'ils puissent réaliser l'ensemble de leurs missions moyennant une formation adaptée et un travail en réseau.

Les différentes études indiquent que l'attractivité tient, pour une bonne part, au travail en équipe associé à une rémunération proche de celle des autres professionnels de santé. Plus de 60 % des médecins de sapeurspompiers professionnels jugent que le montant de leur rémunération est clairement devenu un frein au recrutement.

La présente proposition de loi vise à créer un cadre d'emploi pour les personnels de santé des SIS, qu'ils soient médecins, infirmiers, pharmaciens, psychologues ou docteursvétérinaires. Elle vise à permettre le maintien d'une médecine de qualité au sein des SIS, en soutien aux sapeurspompiers, de rendre plus attractif l'exercice de cette médecine par une activité diversifiée et polyvalente et d'en sécuriser la pratique

Ces champs nouveaux de compétences pour les personnels des services de santé des SIS devront s'accompagner, dans le respect des règles de révision du statut de la fonction publique territoriale, d'une revalorisation de leur rémunération. L'égalité de traitement avec les personnels de santé des armées semblant une base pertinente.