Garantir un cadre fiscal stable, juste et lisible pour nos micro-entrepreneurs et nos petites entreprises
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Aurélien Le Coq 7ccf541aec Amendement 3 — titre
Dispositif :

    Rédiger ainsi le titre :
    « portant sauvetage des micro-entreprises ».

Exposé sommaire :

    Cet amendement du groupe LFI-NFP prévoit de donner à cette proposition de loi le titre qu'elle aurait eu si la macronie n'avait pas encore une fois joué des coudes pour opérer une récupération politique de ses propres méfaits. Pour cela, nous proposons de renommer cette proposition de loi « portant sauvetage des micro-entreprises ».
    Ce titre, c'est celui de la proposition de loi déposée par Hadrien Clouet. Un titre clair, descriptif, et à la hauteur de la mobilisation sociale alors en cours face à la mesure injuste passée en catimini par le gouvernement Bayrou dans le projet de loi de finances. Un titre aux antipodes des grandiloquences pompeuses de l'actuelle proposition de loi.
    La mise à l'ordre du jour de la proposition de loi d'EPR, quand d'autres avaient été déposées, ne trompe personne. Il s'agit d'une brutalisation toujours plus caricaturale de la vie parlementaire pratiquée par la macronie. Il aurait parfaitement été possible d'examiner la première proposition de loi déposée sur le sujet, en l'occurrence la proposition de loi déposée le 21 février 2025 par Hadrien Clouet. Il aurait parfaitement été possible d'examiner celle avec le plus grand nombre de cosignataires, soit toujours la proposition de loi Clouet et ses 91 signataires, largement plus que l'actuelle proposition de loi. Il aurait enfin été possible de mettre en place une proposition de loi transpartisane pour éviter toute forme de récupération. La macronie en a voulu autrement.
    Plus largement, cet amendement est donc l'occasion de dénoncer la récupération politique à l'œuvre, celle d'une macronie à bout de souffle prétendant vouloir que le travail paie mieux, mais prête à le fiscaliser davantage pour financer ses baisses d'impôt sur le capital, en premier lieu la baisse progressive de l'impôt sur les sociétés qui a fait fondre cette recette une fois l'effet d'aubaine passé. Si aujourd'hui elle recule, c'est uniquement parce qu'elle a été prise la main dans le sac. Elle ne manquera pas d'attaquer de nouveau les travailleurs dans un avenir proche.
    Afin de mettre un terme à la récupération macroniste, nous proposons en conséquence de renommer cette proposition de loi « portant sauvetage des micro-entreprises », titre qu'elle aurait eu si chacun sur ses bancs faisait preuve d'honnêteté intellectuelle.

Sort : Retiré | Déposé le 28/05/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC1468P0D1N000003.xml

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portant sauvetage des micro-entreprises

Dépôt généré par angit : la vie de ce texte de loi représentée en Git. Chaque paragraphe des fichiers d'articles est un alinéa ; les amendements sont des branches (une par amendement) mergées lorsqu'ils sont adoptés.

Source : dossier législatif sur assemblee-nationale.fr — données sous Licence Ouverte 2.0.

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Procédure

  • 17 avril 2025 — Dépôt du texte (n° 1337)
  • 28 mai 2025 — Examen en commission (Commission des affaires culturelles et de l'éducation)
  • 2 juin 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Depuis plusieurs mois, un climat d'incertitude économique fragilise le tissu entrepreneurial de proximité, en particulier celui des autoentrepreneurs et microentrepreneurs, qui représentent aujourd'hui une part essentielle de la dynamique de création d'emplois et de richesse en France. À l'instabilité conjoncturelle s'ajoute une instabilité normative, dont l'une des plus récentes illustrations réside dans la décision d'abaisser les seuils de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Or cette évolution législative, initialement prévue pour entrer en vigueur le 1er mars 2025, a été suspendue par le gouvernement jusqu'au 1er juin 2025, à la suite d'une levée de boucliers sans précédent de la part des représentants du monde entrepreneurial. Cette suspension temporaire maintient aujourd'hui plus de 205 000 petites entreprises dans une situation d'incertitude juridique et fiscale, dont 135 000 microentrepreneurs qui peinent à anticiper les conséquences concrètes de leur dépassement éventuel de seuils de chiffre d'affaires.

Concrètement, cette réforme prévoit de contraindre à l'assujettissement à la TVA les entreprises, petites et microentreprises, dès lors qu'elles franchissent 25 000 euros de chiffre d'affaires annuel, contre 37 500 euros actuellement pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales. Une telle modification, brutale, ni concertée ni anticipée, censée générer 400 millions d'euros de recettes fiscales en 2025 (800 millions d'euros en année pleine) engendrerait en moyenne plus de 4 000 euros de taxes supplémentaires par an pour les professionnels concernés, difficilement compensable par une hausse de leurs prix, et sans qu'un accompagnement opérationnel ait été mis en place à ce jour.

Ce resserrement des seuils représente non seulement un choc administratif et financier pour ces travailleurs qui créent leur propre activité dont près de la moitié ont moins de 30 ans mais il constitue également un frein à l'initiative économique, à la formalisation de l'emploi, et à l'insertion professionnelle dans les zones rurales ou périurbaines, où plus d'un quart des microentreprises voient aujourd'hui le jour.

Les conséquences potentielles sont multiples : recul de la création d'activité, diminution des revenus des plus fragiles, complexification de la gestion pour des entrepreneurs souvent sans appui comptable, renoncement à l'entrepreneuriat pour de nombreux jeunes ou personnes en reconversion. À l'échelle macroéconomique, c'est le risque d'un ralentissement du dynamisme entrepreneurial.

Depuis 2017, la France a connu un essor inédit de la création d'entreprises, porté notamment par la simplicité et la souplesse du régime de la microentreprise. En 2023, plus d'un million d'entreprises ont été créées dans notre pays, dont 700 000 sous le régime microentrepreneurial. Ce chiffre a presque doublé par rapport à 2017. Ces structures couvrent un spectre d'activité très large des services à la personne à la transition écologique, de l'artisanat aux métiers du numérique et participent activement à l'insertion professionnelle, en particulier des jeunes, des femmes, des seniors et des personnes en reconversion.

Une entreprise sur trois emploie dès la première année, avec en moyenne trois salariés, et plus d'un quart des créations ont lieu en zones rurales, contribuant ainsi au maillage économique du territoire. Ce sont autant d'emplois créés, de parcours relancés, et de familles sorties du chômage ou de la précarité. Grâce à cet élan, plus de deux millions de Français ont retrouvé le chemin de l'emploi depuis 2017, sans charge directe pour les finances publiques.

Dans ce contexte, la suspension de la réforme du 1er mars au 1er juin 2025, bien qu'elle ait été présentée comme un temps de concertation, n'a pas permis de documenter des éventuelles éléments de concurrence déloyale, de lever les inquiétudes ni de garantir une sécurité juridique minimale aux entrepreneurs concernés. Ce flou réglementaire fragilise l'activité des professionnels qui, au quotidien, prennent des risques et s'investissent pleinement pour faire vivre l'économie locale.

Cette proposition de loi propose donc de maintenir durablement les seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025, soit 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales, en écartant explicitement leur réduction à 25 000 euros. Par ailleurs, des seuils spécifiques sont prévus pour certaines professions : les avocats, auteurs et artistesinterprètes bénéficient d'un plafond fixé à 50 000 euros pour les activités principales et 35 000 euros pour les activités connexes. Ils sont également remis à leur niveau initial.

Cette mesure de stabilité, sans impact budgétaire immédiat puisqu'elle se borne à empêcher une hausse des prélèvements prévue mais non encore appliquée permettrait d'offrir aux micro-entrepreneurs un cadre pérenne et lisible, essentiel à leur développement et à leur sécurisation juridique.

L'article 1er de la proposition de loi vise à abroger la réforme des seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025. Il maintient les seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025, soit 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales.

L'article 2 vise à gager la proposition de loi.