Dispositif :
Rédiger ainsi le titre :
« visant à abroger une mesure injuste mise en place par le Gouvernement Bayrou ».
Exposé sommaire :
Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose de donner à cette proposition de loi un titre plus descriptif et factuel sur son contenu. Pour cela, nous enjoignons la représentation nationale à renommer cette proposition de loi « visant à abroger une mesure injuste contre les micro-entrepreneurs et les petites entreprises mise en place par le gouvernement Bayrou ».
Telle que rédigée, l'actuelle proposition de loi porte le long titre « visant à garantir un cadre fiscal stable, juste et lisible pour nos micro-entrepreneurs et nos petites entreprises ». Un titre aussi long, et par ailleurs assez pompeux, décrit particulièrement mal le contenu de cette proposition de loi. Par ailleurs, manquer à ce point de lisibilité tout en faisant la promotion de la lisibilité dans le titre relève du paradoxe.
En effet, le cadre fiscal est stable en l'absence de loi venant modifier ce cadre. Il est donc contre-intuitif de vouloir garantir la stabilité de ce cadre en légiférant. Nous proposons donc en conséquence d'adopter un titre plus descriptif des modifications apportées à la loi, permettant de sortir des éléments de langages lénifiants auxquels la macronie nous a malheureusement habitué.
En effet, si nous sommes aujourd'hui en train de débattre de ce texte, c'est bien pour mettre un terme à une mesure ajoutée en catimini lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2025 au Sénat, mesure conservée par le gouvernement Bayrou lorsque ce dernier a eu recours au 49al3 pour faire passer de force ce projet de loi de finances. Depuis la mobilisation des auto-entrepreneurs, le caractère injuste de cette mesure n'est plus à démontrer. En imposant une CMP conclusive, puis une adoption par 49al3, le gouvernement Bayrou a privé l'Assemblée nationale de tout débat concernant cette mesure changeant radicalement l'activité de millions d'auto-entrepreneurs.
Parce que nous pensons que la responsabilité politique doit exister, et qu'il faut pour cela nommer les choses, nous proposons en conséquence de changer le titre de cette proposition de loi en « visant à abroger une mesure injuste contre les micro-entrepreneurs et les petites entreprises mise en place par le gouvernement Bayrou ».
Sort : Retiré | Déposé le 28/05/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC1468P0D1N000001.xml
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visant à abroger une mesure injuste mise en place par le Gouvernement Bayrou
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Procédure
- 17 avril 2025 — Dépôt du texte (n° 1337)
- 28 mai 2025 — Examen en commission (Commission des affaires culturelles et de l'éducation)
- 2 juin 2025 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Depuis plusieurs mois, un climat d'incertitude économique fragilise le tissu entrepreneurial de proximité, en particulier celui des auto‑entrepreneurs et micro‑entrepreneurs, qui représentent aujourd'hui une part essentielle de la dynamique de création d'emplois et de richesse en France. À l'instabilité conjoncturelle s'ajoute une instabilité normative, dont l'une des plus récentes illustrations réside dans la décision d'abaisser les seuils de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Or cette évolution législative, initialement prévue pour entrer en vigueur le 1er mars 2025, a été suspendue par le gouvernement jusqu'au 1er juin 2025, à la suite d'une levée de boucliers sans précédent de la part des représentants du monde entrepreneurial. Cette suspension temporaire maintient aujourd'hui plus de 205 000 petites entreprises dans une situation d'incertitude juridique et fiscale, dont 135 000 micro‑entrepreneurs qui peinent à anticiper les conséquences concrètes de leur dépassement éventuel de seuils de chiffre d'affaires.
Concrètement, cette réforme prévoit de contraindre à l'assujettissement à la TVA les entreprises, petites et micro‑entreprises, dès lors qu'elles franchissent 25 000 euros de chiffre d'affaires annuel, contre 37 500 euros actuellement pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales. Une telle modification, brutale, ni concertée ni anticipée, censée générer 400 millions d'euros de recettes fiscales en 2025 (800 millions d'euros en année pleine) engendrerait en moyenne plus de 4 000 euros de taxes supplémentaires par an pour les professionnels concernés, difficilement compensable par une hausse de leurs prix, et sans qu'un accompagnement opérationnel ait été mis en place à ce jour.
Ce resserrement des seuils représente non seulement un choc administratif et financier pour ces travailleurs qui créent leur propre activité – dont près de la moitié ont moins de 30 ans – mais il constitue également un frein à l'initiative économique, à la formalisation de l'emploi, et à l'insertion professionnelle dans les zones rurales ou périurbaines, où plus d'un quart des microentreprises voient aujourd'hui le jour.
Les conséquences potentielles sont multiples : recul de la création d'activité, diminution des revenus des plus fragiles, complexification de la gestion pour des entrepreneurs souvent sans appui comptable, renoncement à l'entrepreneuriat pour de nombreux jeunes ou personnes en reconversion. À l'échelle macroéconomique, c'est le risque d'un ralentissement du dynamisme entrepreneurial.
Depuis 2017, la France a connu un essor inédit de la création d'entreprises, porté notamment par la simplicité et la souplesse du régime de la microentreprise. En 2023, plus d'un million d'entreprises ont été créées dans notre pays, dont 700 000 sous le régime microentrepreneurial. Ce chiffre a presque doublé par rapport à 2017. Ces structures couvrent un spectre d'activité très large – des services à la personne à la transition écologique, de l'artisanat aux métiers du numérique – et participent activement à l'insertion professionnelle, en particulier des jeunes, des femmes, des seniors et des personnes en reconversion.
Une entreprise sur trois emploie dès la première année, avec en moyenne trois salariés, et plus d'un quart des créations ont lieu en zones rurales, contribuant ainsi au maillage économique du territoire. Ce sont autant d'emplois créés, de parcours relancés, et de familles sorties du chômage ou de la précarité. Grâce à cet élan, plus de deux millions de Français ont retrouvé le chemin de l'emploi depuis 2017, sans charge directe pour les finances publiques.
Dans ce contexte, la suspension de la réforme du 1er mars au 1er juin 2025, bien qu'elle ait été présentée comme un temps de concertation, n'a pas permis de documenter des éventuelles éléments de concurrence déloyale, de lever les inquiétudes ni de garantir une sécurité juridique minimale aux entrepreneurs concernés. Ce flou réglementaire fragilise l'activité des professionnels qui, au quotidien, prennent des risques et s'investissent pleinement pour faire vivre l'économie locale.
Cette proposition de loi propose donc de maintenir durablement les seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025, soit 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales, en écartant explicitement leur réduction à 25 000 euros. Par ailleurs, des seuils spécifiques sont prévus pour certaines professions : les avocats, auteurs et artistes‑interprètes bénéficient d'un plafond fixé à 50 000 euros pour les activités principales et 35 000 euros pour les activités connexes. Ils sont également remis à leur niveau initial.
Cette mesure de stabilité, sans impact budgétaire immédiat – puisqu'elle se borne à empêcher une hausse des prélèvements prévue mais non encore appliquée – permettrait d'offrir aux micro-entrepreneurs un cadre pérenne et lisible, essentiel à leur développement et à leur sécurisation juridique.
L'article 1er de la proposition de loi vise à abroger la réforme des seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025. Il maintient les seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025, soit 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales.
L'article 2 vise à gager la proposition de loi.