Interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge
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Ségolène Amiot 551c34f0b1 Amendement 4 — art. unique
⚠ Dispositif non applicable automatiquement (« compte tenu de leurs caractéristiques nutritionnelles adaptées aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge dans le cadre d'une alimentation équilibrée. Cet arrêté détermine également le type de sucre ainsi que le taux maximal de » introuvable) — le texte ci-dessous fait foi.

Dispositif :

    I. – À la première phrase de l'alinéa 8, substituer aux mots :
    « les préparations alimentaires non médicamenteuses qui figurent sur une liste déterminée par un »,
    les mots :
    « le lactose et le galactose dans le cadre de leur utilisation dans les laits infantiles et de croissance. Un ».
    II. – En conséquence, à la même première phrase du même alinéa 8, substituer aux mots :
    « compte tenu de leurs caractéristiques nutritionnelles adaptées aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge dans le cadre d'une alimentation équilibrée. Cet arrêté détermine également le type de sucre ainsi que le taux maximal de »,
    les mots :
    « détermine le taux maximal de ces ».

Exposé sommaire :

    Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise propose l'intégration des laits infantiles dans le périmètre de la présente proposition de loi.
    Alors que les laits infantiles constituent la seule source nutritive des nourrissons pendant les mois précédant la diversification alimentaire seuls 16% d'entre eux ne contiennent aucun ingrédient sucrant d'après une étude de l'Observatoire de l'alimentation Oqali réalisée avec l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) et l'Institut national de recherche pour l'agriculture. Si le lactose, sucre recommandé, est présent dans 86% des laits infantiles c'est également le cas d'autres agents sucrants, superflus et nocifs. En effet, 9% des laits infantiles contiennent du saccharose, 2% des sirops, 1% du sucre et 13% d'autres ingrédients vecteurs de sucre.
    Afin d'éviter le phénomène d'habituation dès le plus jeune âge et les conséquences désastreuses du sucre sur la santé il est nécessaire de réguler les sucres autorisés dans les laits infantiles et de croissance. Si ce constat est partagé par l'ensemble de la commission des affaires sociales la rédaction adoptée, qui exclut les laits infantiles du périmètre du texte afin que ceux-ci soient régulés par arrêté ministériel, ne nous semble pas satisfaisante. En effet, elle laisse la porte ouverte à l'ajout de sucres ajoutés nocifs dans les laits infantiles alors que l'inscription explicite de l'interdiction dans le code de la santé publique est un signal fort envoyé aux industriels et en faveur de la santé publique.
    Il est donc nécessaire de réintégrer les laits infantiles dans le périmètre du présent texte sans pour autant permettre au lactose et au galactose d'être utilisés comme agents sucrants dans le reste de l'alimentation infantile. De plus, leurs taux pouvant varier de plus de 40% entre deux produits similaires il est impératif d'en fixer les taux maximales autorisés. Ainsi nous proposons, dans un esprit de co-construction parlementaire, que ces taux soient déterminés par arrêté ministériel pris sur avis de l'ANSES comme adopté par la commission des Affaires Sociales.
    C'est pourquoi le présent amendement vise à réintégrer explicitement les laits infantiles dans le texte, en limitant l'usage du lactose et du galactose à ces produits et en déterminant leur taux maximal par un arrêté ministériel pris sur avis de l'ANSES.

Sort : Rejeté | Déposé le 20/03/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC2527P0D1N000004.xml

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Interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge

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Procédure

  • 4 février 2026 — Dépôt du texte (n° 2442)
  • 25 février 2026 — Examen en commission (Commission des affaires sociales)
  • 26 mars 2026 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Alors que l'Organisation mondiale de la santé recommande de n'ajouter ni sucres ni agents sucrants dans les produits destinés à l'alimentation infantile ;

Alors que « les graines d'un vieillissement en bonne santé se sèment tôt », comme l'a rappelé Kofi Annan, prix Nobel de la paix, lors de l'Assemblée mondiale sur le vieillissement en 2001 ;

Et alors que notre état de santé dépend majoritairement de nos comportements de santé, au premier desquels figure notre alimentation ;

Comment expliquer que les industriels continuent d'ajouter du sucre dans les produits alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans, sans qu'aucune réglementation ne les en empêche ?

La France est aujourd'hui confrontée à la progression d'une épidémie silencieuse : la surcharge pondérale. Un Français sur deux est en situation de surpoids ou d'obésité, une situation largement liée à nos habitudes alimentaires. La part croissante des produits ultratransformés dans notre alimentation, ainsi que les sucres dissimulés par les industriels (parce qu'ils sont des exhausteurs de goût à faible coût) ont de lourdes conséquences.

Elles sont d'abord sanitaires : l'obésité est associée à près de vingt pathologies évitables, parmi lesquelles certains cancers, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires.

Elles sont également économiques et sociales : le coût social de l'obésité est estimé à près de 20 milliards d'euros par an.

Or, ce que nous consommons durant l'enfance façonne durablement nos habitudes alimentaires à l'âge adulte.

Selon une enquête de l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers publiée en octobre 2023, de nombreux produits alimentaires destinés aux enfants contiennent des quantités excessives de sucres ajoutés ou d'ingrédients sucrés. Ainsi, 22 % des préparations céréalières et 14 % des produits à base de fruits destinés aux enfants en bas âge en contiennent. Certains produits affichent même des allégations nutritionnelles vantant une faible teneur en sucre, au risque d'induire les parents en erreur.

Les exemples sont nombreux :

certains yaourts dès 8 mois montent à 10 grammes pour 100 grammes ;

des poudres cacaotées ou biscuit, « dès 10 mois », atteignent plus de 30 grammes pour 100 grammes.

Tous sont enrichis en sucres ajoutés, souvent sans que les parents en aient pleinement conscience, alors même que des alternatives sans sucre existent déjà sur le marché.

Les plus jeunes sont particulièrement vulnérables à ces pratiques, et les inégalités sociales jouent également un rôle déterminant dans l'exposition à une alimentation de moindre qualité. Pour enrayer ce phénomène et lutter contre la progression de l'obésité en France, il est nécessaire de garantir à tous les enfants, dès le plus jeune âge, une alimentation favorable à leur santé, notamment par une réduction de leur exposition au sucre ajouté.

C'est dans cet esprit que, depuis huit ans, le député Cyrille IsaacSibille et le groupe Les Démocrates œuvrent pour responsabiliser les industriels, notamment par la création d'une taxe incitative sur les sucres ajoutés dans les produits ultratransformés, par le rehaussement de la taxe sur les sucres ajoutés dans les sodas (une avancée obtenue en 2025) et par l'interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux jeunes enfants.

L'article unique de la présente proposition de loi prévoit donc cette interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants âgés de un à trois ans, à l'exception des laits de croissance et des denrées alimentaires à usage médical.