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77b90aeaa3 Amendement 802 — art. 18 bis
Dispositif :

    Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
    « Après le 3° de l'article 2‑23 du code de procédure pénale, il est inséré un 3° bis ainsi rédigé :
    « 3° bis Les infractions de fraude fiscale réprimées à l'article 1741 du code général des impôts ; ». »

Exposé sommaire :

    La fraude fiscale constitue une atteinte grave à l'ordre public économique et à l'égalité devant l'impôt. Elle porte atteinte non seulement aux finances publiques, mais également à la confiance des citoyens dans l'action publique. Elle nuit également à l'image des acteurs économiques. À ce titre, elle participe des phénomènes de corruption systémique et de dissimulation d'actifs, que les associations agréées de lutte contre la corruption ont précisément pour mission statutaire de prévenir et de combattre.
    Cette évolution s'inscrit dans un contexte international marqué par une attention accrue aux mécanismes de prévention et de sanction des atteintes à la probité publique. La dernière édition de l'Indice de perception de la corruption publiée en février 2026 souligne la nécessité, pour les États, de renforcer les instruments effectifs de transparence et de lutte contre les infractions portant atteinte aux finances publiques. La participation encadrée des associations agréées à la procédure pénale constitue, à cet égard, un levier complémentaire permettant de renforcer la crédibilité de la réponse judiciaire et la confiance des citoyens dans l'intégrité des institutions.
    L'argument selon lequel ces associations ne pourraient mettre en mouvement l'action publique en matière de fraude fiscale est juridiquement exact mais inopérant. La possibilité de se constituer partie civile n'a pas pour objet de suppléer l'initiative des poursuites, qui demeure réservée au ministère public dans les conditions prévues par le livre des procédures fiscales. Elle vise à permettre à des acteurs spécialisés, dotés d'une expertise reconnue, de contribuer utilement au débat contradictoire devant la juridiction pénale, en soutenant l'action publique et en éclairant le juge sur les enjeux systémiques de la fraude poursuivie.
    Il est également inexact de considérer que ces associations seraient dépourvues de tout intérêt à agir. La jurisprudence constante de la Cour de cassation reconnaît aux associations agréées la possibilité de se constituer partie civile lorsque l'infraction porte atteinte aux intérêts collectifs qu'elles ont pour objet de défendre. Or la fraude fiscale organisée, notamment lorsqu'elle s'inscrit dans des montages complexes ou transnationaux, participe d'un affaiblissement de la probité et de l'équité économique, intérêts qui relèvent directement du champ d'intervention des associations de lutte contre la corruption.
    S'agissant du secret fiscal et du secret de l'instruction, leur invocation ne saurait justifier une exclusion de principe. La constitution de partie civile intervient dans le cadre strict de la procédure pénale, sous le contrôle du juge, et ne remet nullement en cause les règles applicables à la communication des pièces couvertes par le secret fiscal, lesquelles demeurent régies par le code général des impôts et le code de procédure pénale. Les associations parties à la procédure sont, comme tout intervenant, soumises aux obligations de confidentialité et aux sanctions pénales en cas de violation du secret.
    Enfin, l'ouverture de cette faculté s'inscrit dans une évolution cohérente du droit positif. Les associations agréées peuvent déjà se constituer partie civile pour des infractions voisines telles que la corruption, le trafic d'influence ou la fraude aux intérêts financiers de l'Union européenne. Il est paradoxal que la fraude fiscale, qui alimente souvent ces infractions ou en constitue le prolongement financier, demeure exclue de leur champ d'intervention.
    Il s'agit donc d'une mesure qui permet de renforcer la transparence et la crédibilité de la réponse pénale en matière de fraude fiscale, sans modifier l'équilibre des poursuites ni porter atteinte aux principes du secret fiscal ou du secret de l'instruction. Cette mesure contribue à affirmer que la fraude fiscale, en particulier lorsqu'elle est organisée, ne constitue pas une simple irrégularité budgétaire, mais une atteinte grave aux intérêts collectifs que la société civile est légitime à défendre.

Sort : Rejeté | Déposé le 20/02/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC2250P0D1N000802.xml

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Groupe: EcoS
Angit-Diff: auto
2026-02-20 12:00:00 +02:00
c1c4e18b32 Texte de la commission — réconciliation avec le texte officiel
La commission a adopté son texte ; en application de l'article 42 de la
Constitution, la discussion en séance publique porte sur ce texte, dont
les alinéas sont renumérotés. Ce commit aligne le dépôt sur le texte
officiel de la commission.

Écart résiduel avant réconciliation : 538 alinéa(s) différent(s).

Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/PRJLANR5L17BTC2250.html
2025-12-17 12:00:00 +02:00
5d0e36ec33 Amendement CF155 — art. 18 bis
Dispositif :

    Supprimer cet article.

Exposé sommaire :

    Cet amendement du rapporteur vise à supprimer l'extension de la possibilité pour les associations de lutte contre la corruption agréées de se porter partie civile aux infractions de fraude fiscale.
    L'ensemble des administrations interrogées par le rapporteur ont confirmé l'inutilité d'une telle mesure :
    – Elle ne permettrait pas à ces associations de mettre en mouvement l'action publique. En effet, en matière de fraude fiscale, les articles L. 227 à L. 233 du livre des procédures fiscales réservent l'initiative des poursuites au ministère public, sur plainte ou dénonciation obligatoire de l'administration. L'apport de ces associations à l'instruction des affaires apparait par ailleurs inexistant, dans la mesure où les infractions de fraudes fiscales reposent sur les éléments mis à jour par l'administration au cours de son contrôle.
    – Ces associations n'ont en outre pas de préjudice à faire valoir qui pourrait justifier l'attribution de dommages et intérêts. C'est ce préjudice potentiel qui justifie la possibilité pour les syndicats ou organismes professionnels de se porter partie civile, lorsqu'une fraude leur a porté atteinte en générant une concurrence déloyale ou en jetant le discrédit sur leur profession.
    Par ailleurs, cette extension permettrait l'accès à un tiers à la procédure pénale et, ainsi, à la procédure administrative de contrôle couverte par le secret fiscal. Cet accès, qui doit être le plus limité possible au regard des principes de secret de l'instruction et de secret fiscal, serait ici sans justification pratique pour le bon déroulé de la procédure.

Sort : Adopté | Déposé le 09/12/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO59048B2115P0D1N000155.xml

Groupe: EPR
Angit-Diff: auto
2025-12-09 12:00:00 +02:00
940299511e Dépôt : Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Texte n° 2115, déposé le 18 novembre 2025.
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/PRJLANR5L17B2115.html
2025-11-18 12:00:00 +02:00