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Jean-Luc Fugit 9f5e970cc1 Amendement 99 — art. 4
Dispositif :

    I. – Compléter la seconde phrase de l'alinéa 9 par les mots :
    « et, pour les concessions prorogées en application de l'article L. 521‑16 du code de l'énergie, la valeur nette comptable des investissements réalisés pendant la période de prorogation. ».
    II. – Compléter cet article par l'alinéa suivant :
    « IV. – La perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

Exposé sommaire :

    Le présent amendement a pour objet de prendre en compte le préjudice subi par les concessionnaires placés sous le régime des « délais glissants » (article L. 521-16 du code de l'énergie). En effet, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023, les concessionnaires soumis à ce régime ne pouvaient être indemnisés de la valeur nette comptable que pour les seuls investissements, préalablement agréés par l'État et inscrits dans un registre idoine, ayant pour effet de moderniser les ouvrages ou d'augmenter leurs capacités de production (article L. 52115 du code de l'énergie), à l'exclusion des investissements de maintenance et de renouvellement. Si la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 est venue compléter ce régime en introduisant, à l'article L. 52116 du code de l'énergie, un mécanisme d'indemnisation de la valeur nette comptable des investissements de grosse maintenance et de renouvellement réalisés durant la période des « délais glissants », en conditionnant leur inscription sur un compte dédié à l'accord de l'autorité administrative. Parallèlement, la loi n° 2018‑1317 du 28 décembre 2018 a imposé aux concessionnaires placés sous le régime des « délais glissants » le versement d'une redevance proportionnelle captant 40 % de leur résultat normatif (article L. 523‑3 du code de l'énergie). Compte tenu de ce régime juridique contraignant et de la durée pendant laquelle l'État a maintenu les concessionnaires concernés sous le régime des « délais glissants » - maintien qui a été regardé comme constitutif d'une faute de l'État par la juridiction administrative - ces concessionnaires, qui ont pourtant consentis d'importants et d'indispensables investissements sur les ouvrages pendant cette période - subiraient un préjudice en l'absence du versement d'une indemnité couvrant la valeur nette comptable de ces investissements depuis l'échéance de la concession. Le présent amendement vise à remédier à cette situation en intégrant les investissements consentis depuis l'échéance de la concession dans l'évaluation de l a contrepartie financière des droits attribués en application du I de l'article 2. Ainsi, l'évaluation économique des droits réels à venir garderait une cohérence par la prise en compte des revenus futurs, d'une part, et des coûts d'investissement sous-jacents à la génération de ces revenus, d'autre part.

Sort : Retiré | Déposé le 31/01/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC2405P0D1N000099.xml

Groupe: EPR
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2026-01-31 12:00:00 +02:00

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Article 4

I. L'État désigne un ou plusieurs experts indépendants, sur avis conforme de la Commission de régulation de l'énergie, afin d'évaluer, pour chaque titulaire de contrats de concession résiliés en application de l'article 1er :

1° L'indemnité de résiliation anticipée de ces contrats de concession. Cette indemnité est déterminée sur la base des prévisions de flux de trésorerie auxquels l'exploitation des concessions aurait donné lieu. Elle comprend également :

a) La valeur des dépenses non amorties inscrites au registre mentionné à l'article L. 52115 du code de l'énergie, dans sa rédaction antérieure à la présente loi, ou éligibles à cette inscription et agréées par l'autorité administrative ;

b) La valeur des droits d'exploitation de l'énergie hydraulique fondés en titre acquis par l'État sur le fondement de l'article 3 de la présente loi, calculée en tenant compte de leur part dans la puissance maximale brute de l'installation concernée.

Lorsqu'un dossier de fin de concession a été déposé avant l'entrée en vigueur de la présente loi, la valeur des investissements nécessaires à la remise en bon état des biens à la date d'échéance de la concession est déduite de l'indemnité de résiliation.

Le montant de l'indemnité ne peut pas excéder le montant de l'indemnité qui aurait été calculé en application des clauses de résiliation anticipée prévues par le cahier des charges de chacune des concessions du titulaire si elles avaient été mises en œuvre.

La résiliation des concessions prorogées en application de l'article L. 52116 du code de l'énergie, dans sa rédaction antérieure à la présente loi, ne donne pas lieu au versement de cette indemnité ;

2° La contrepartie financière des droits attribués en application du I de l'article 2 de la présente loi.

Son montant est évalué selon les méthodes objectives couramment pratiquées en matière de cession totale ou partielle d'actifs de sociétés. Cette évaluation prend notamment en compte les revenus et les coûts afférents aux ouvrages et aux installations, y compris la fiscalité et les prélèvements applicables ainsi que, le cas échéant, les coûts afférents à la gestion des ouvrages affectés à la navigation et, pour les concessions prorogées en application de l'article L. 52116 du code de l'énergie, la valeur nette comptable des investissements réalisés pendant la période de prorogation..

Cette évaluation peut être exprimée sous la forme d'un intervalle entre un montant minimal et un montant maximal.

II. Dans un délai de quatre mois à compter de leur désignation par l'État, les experts indépendants remettent leurs rapports d'évaluation aux ministres chargés de l'économie et de l'énergie, qui les notifient à la Commission des participations et des transferts et à la Commission de régulation de l'énergie.

Dans le cadre de son avis, la Commission des participations et des transferts peut consulter la Commission de régulation de l'énergie, qui lui transmet tout document ou toute information nécessaire à la rédaction de celui-ci.

L'avis conforme de la Commission des participations et des transferts est requis sur les montants proposés au titre de l'indemnité de résiliation et de la contrepartie financière des droits attribués en application du I de l'article 2. La commission rend son avis dans un délai de quatre mois à compter de sa saisine.

Les délais prévus au présent II peuvent être prolongés de deux mois par décision des ministres chargés de l'économie et de l'énergie.

Pour chaque titulaire, l'avis de la Commission des participations et transferts est rendu public à l'issue du paiement de l'indemnité de résiliation et de la contrepartie financière.

III. Les titulaires des contrats de concession transmettent aux experts indépendants et à la Commission des participations et des transferts tout document ou toute information nécessaire à l'exercice de leur mission d'évaluation.

L'obstruction aux demandes de ces documents ou de ces informations ou le refus de transmettre ceux-ci peuvent faire l'objet de sanctions financières prononcées par le ministre chargé de l'énergie. Le montant de ces sanctions est fixé en fonction de la puissance électrique cumulée des installations concernées par ces demandes. Il ne peut excéder 20 000 euros par mégawatt. Les pouvoirs d'enquête et de contrôle prévus aux articles L. 14220 à L. 14236 du code de l'énergie sont applicables.

IV. La perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.