Dispositif :
À titre expérimental, et pour une durée de dix ans, les dispositions de l'article 21‑7 du code civil relatives à l'acquisition de la nationalité française par application du droit du sol sont modifiées pour les enfants nés sur le territoire de Mayotte. Désormais, l'acquisition de la nationalité française pour ces enfants est conditionnée à :
1° La régularité du séjour des deux parents sur le territoire français au moment de la naissance de l'enfant ;
2° Un délai de résidence continue d'au moins 5 années des parents sur le territoire français avant la naissance ;
3° Une déclaration expresse des parents à la naissance devant les autorités compétentes demandant la reconnaissance de la nationalité française pour leur enfant.
Un rapport d'évaluation sera remis au Parlement au terme de l'expérimentation. Ce rapport permettra d'apprécier l'impact de la mesure sur la gestion des flux migratoires, la cohésion sociale et l'intégration des familles établies régulièrement.
Exposé sommaire :
La situation migratoire à Mayotte est marquée par une pression sans précédent, liée à des arrivées massives de populations étrangères, notamment en provenance des Comores. Ce phénomène exerce une pression insoutenable sur les infrastructures locales, les services publics – notamment le système éducatif et de santé – et exacerbe les tensions sociales. Les citoyens français de Mayotte, dans leur grande majorité, expriment un sentiment croissant d'abandon face à une situation qu'ils perçoivent comme une "submersion migratoire".
Le droit du sol, dans sa forme actuelle, agit comme un facteur d'attraction migratoire. Il permet l'acquisition automatique de la nationalité française pour des enfants nés sur le territoire, indépendamment de la régularité de la situation des parents. Cela alimente des pratiques abusives qui fragilisent la cohésion sociale et mettent en péril les droits des Mahorais, qui sont pleinement citoyens de la République. Cet amendement propose une réforme expérimentale du droit du sol pour Mayotte, visant à :
1 - Renforcer le contrôle migratoire : En limitant les abus liés à l'acquisition automatique de la nationalité française, il s'agit de réduire les flux migratoires incontrôlés vers ce territoire ultramarin. 2 - Protéger les droits des Mahorais : L'amendement entend restaurer l'équité en garantissant que les citoyens français résidant à Mayotte puissent bénéficier pleinement des services publics et infrastructures, sans être marginalisés par une pression migratoire excessive. 3 - Évaluer l'impact d'une réforme ciblée : En s'appuyant sur l'article 73 de la Constitution, l'amendement met en place une expérimentation limitée dans le temps (10 ans). Cette démarche permet d'évaluer les effets concrets d'une réforme du droit du sol dans un contexte territorial spécifique.
Sort : Rejeté | Déposé le 25/01/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO59051B0693P0D1N000017.xml
Co-authored-by: Député PA267561 <PA267561@deputes.angit.example>
Groupe: UDR
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Renforcer les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte
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Procédure
- 3 décembre 2024 — Dépôt du texte (n° 693)
- 29 janvier 2025 — Examen en commission (Commission des lois)
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
La situation de Mayotte, confrontée à une pression migratoire intense et non maitrisée, nécessite une adaptation urgente et essentielle de nos politiques publiques en matière de nationalité.
Selon l'Insee, depuis 2019, la majorité des habitants est étrangère et il est communément admis que la population réelle est d'environ 30 % supérieure à la population officielle (en réalité plus de 400 000 habitants, avec 1/3 de Français, 1/3 de Comoriens en situation régulière et enfin 1/3 de clandestins). En outre, 82 % des titres de séjour délivrés à Mayotte le sont pour raison familiale, révélant une évolution préoccupante où l'enfant, d'élément central d'un projet de vie, peut être perçu comme un moyen de régularisation administrative.
Cette situation n'est pas sans conséquence. Les habitants de Mayotte, dont près de la moitié sont d'origine étrangère, subissent un déstabilisation sociale et économique alimentée par l'immigration clandestine. Le taux de croissance démographique y est le plus élevé de France, à 4 % par an, avec 74 % des naissances provenant de l'immigration. Cela rend difficile la mise en place de politiques publiques efficaces, notamment dans l'accès aux services de base comme l'éducation, la santé et l'eau potable, et amplifie l'insécurité et la violence, exacerbées par des tensions communautaires.
Il est aussi essentiel de prendre en compte la pression exercée par cette immigration sur l'environnement naturel de l'île, notamment son lagon, l'un des plus beaux du monde, qui souffre des impacts liés à la croissance rapide de la population. C'est dans ce contexte que cette proposition de loi vise à adapter le cadre législatif afin de protéger à la fois la stabilité sociale, économique et environnementale de Mayotte, et d'assurer que le territoire ne devienne plus un carrefour pour les migrations irrégulières.
Face à cette réalité, il est donc impératif de stopper l'attractivité de Mayotte pour les flux migratoires. Le droit du sol, dans sa forme actuelle, joue un rôle d'aimant en attirant des populations en situation irrégulière, contribuant à la pression sur les services publics, tout en affaiblissant l'intégration des Français de Mayotte. L'adaptation législative proposée vise à garantir que l'acquisition de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte soit strictement conditionnée à une résidence régulière et ininterrompue des deux parents pendant au moins un an (article unique). Cette mesure, en alignant la législation sur les réalités démographiques et sociales de l'île, tout en respectant les principes constitutionnels et les spécificités locales de Mayotte, permettra de restaurer un équilibre et de mieux contrôler les flux migratoires.
Cette disposition est conforme aux termes du premier alinéa de l'article 73 de la Constitution, qui précise « dans les départements et les régions d'outre‑mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».
Le conseil constitutionnel rappelle lui dans sa décision n° 2022‑1025 QPC du 25 novembre 2022, que « le Département de Mayotte est, depuis de nombreuses années, confronté à des flux migratoires exceptionnellement importants et comporte une forte proportion de personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Ce département est soumis à des risques particuliers d'atteintes à l'ordre public. D'autre part, du fait de sa géographie, ces risques concernent l'ensemble de son territoire ».
Compte tenu du contexte et de la situation à Mayotte rappelée ci‑dessus, il est tout à fait légitime que le législateur puisse poursuivre l'objectif de lutte contre l'immigration irrégulière qui participe de la sauvegarde de l'ordre public qui est un objectif de valeur constitutionnelle.