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Bérenger Cernon 9fe9cf4797 Amendement CL14 — après art. 4
Dispositif :

    Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur l'état et l'évolution des moyens humains et financiers des services de sécurité civile et de l'impact des réserves communales à cet égard.

Exposé sommaire :

    Par cet amendement nous souhaitons faire un bilan des moyens humains et financiers consacrés aux services de sécurité civile en France.
    Les incendies de l'été 2022 ont révélé le manque de moyens de nos services de sécurité civile, et les évolutions depuis ne sont pas à la hauteur des enjeux, notamment du changement climatique qui intensifie les catastrophes naturelles. Le nombre de demandes communales de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle a été multiplié par deux au cours des 12 dernières années. Pourtant entre 2022 et 2023, 91 centres de secours ont fermé.
    L'Agence européenne de l'environnement (EEA) prévoit une intensification des risques climatiques d'ici 2050 (sécheresse, feux de forêt, inondations), ainsi qu'une augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements météorologiques extrêmes. Une étude menée par sept chercheurs du Cerfacs, du CNRS et de Météo France anticipe des températures pouvant atteindre 55°C dans le Nord et l'Est de la France d'ici 2100. Face à ces évolutions, les services de sécurité civile devront faire face à une pression croissante, alors même que les moyens humains et financiers nécessaires n'évoluent pas au même rythme.
    Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur début mars, la France a perdu 1000 casernes de pompiers en dix ans, ce qui a des répercussions notables sur les délais d'intervention. En effet, le délai d'intervention est désormais supérieur de 2 minutes par rapport à il y a une décennie. A l'inverse, le nombre d'interventions a considérablement augmenté, avec 1 million de missions supplémentaires par rapport à il y a vingt ans. Bien que le nombre de sapeurs-pompiers pour 100 000 habitants soit resté stable (360 pompiers pour 100 000 habitants), le volume d'interventions a augmenté de 11 % en dix ans, soulignant une pression accrue sur les services de secours.
    Selon une analyse d'Eurostat publiée en août 2023, la France arrive en tête des réductions d'effectifs de pompiers : nous avons perdu près de 5 500 pompiers entre 2021 et 2022. Pourtant leurs interventions sont en hausse : en 2023, les sapeurs-pompiers ont effectué près de 4 711 900 interventions (+9 %) selon Sapeurs pompiers de France et entre 2005 et 2021 le nombre d'interventions des SDIS a augmenté de 29,7%. La mission d'information de 2024 sur les capacités d'anticipation et d'adaptation rappelle que “la multiplication des crises pourrait se traduire par un risque de rupture capacitaire, en particulier en cas de simultanéité des urgences”.
    Un an après les méga-feux de 2022, à l'approche de l'été 2023, Manuel Coullet, secrétaire général SUD Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis) estimait que “comme l'année dernière, les Sdis manquent de moyens et ne sont pas prêts”, toujours “en situation de sous-équipement"; qu'il manque toujours des effectifs “que ce soit des pompiers professionnels ou des volontaires”. Il estimait alors “qu'il faut doubler le nombre de sapeurs-pompiers professionnels, pour atteindre un effectif de 80 000”. Pourtant, les départements se reposent toujours sur l'utilisation de pompiers volontaires qui représentent 78% des pompiers (7% de professionnels et 5% de militaires), “une main-d'oeuvre pas chère qui leur permet de combler les trous (...) C'est une véritable déviance, assimilable à du travail au black déguisé, couvert par l'État”.
    Cette liste des failles de nos services de sécurité civile n'est pas exhaustive, mais est révélatrice de la nécessité de revoir ce système et d'enfin y investir les moyens nécessaires pour sortir d'une fragilité permanente. La présente proposition de loi propose, à la marge, de faciliter la mobilisation de bénévoles réservistes. Si nous défendons cette participation citoyenne, nous tenons également à rappeler que les problèmes de fonds pointés par cette proposition de loi ne se résoudront pas tant qu'un travail beaucoup plus important ne sera fait.

Sort : Rejeté | Déposé le 20/03/2025
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO59051B0948P0D1N000014.xml

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Valoriser la réserve communale de sécurité civile

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Procédure

  • 13 février 2025 — Dépôt du texte (n° 948)
  • 25 mars 2025 — Examen en commission (Commission des lois)

Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

La France est confrontée ces dernières années à une accélération des phénomènes et crises de différentes natures. Technologiques, naturelles ou même sanitaires, ces dernières interrogent sur notre capacité à y faire face, à trouver les ressources humaines et techniques pour les anticiper afin, in fine, de protéger les populations et préserver l'environnement.

Conscient et préoccupé par cet enjeu majeur des années à venir, le groupe Horizons, en juin 2023, dans le cadre de l'exercice de son droit de tirage annuel, a demandé la création d'une mission d'information sur les capacités d'anticipation et d'adaptation de notre modèle de protection et de sécurité civile, en première ligne face à ces évènements. Où que nous habitions en France, dans l'Hexagone ou en outremer, en ville ou à la campagne, nous nous devons d'assurer à tous, les mêmes moyens et les mêmes chances face à ces risques.

Nos forces de sécurité et de protection civiles assurent de vastes missions, bien audelà du champ de la lutte contre les incendies ou du secours aux personnes, deux types d'interventions visibles, populaires et fondamentales mais qui ne sauraient résumer la variabilité des situations rencontrées. Les forces qui assurent cette protection sont, elles aussi, variées : audelà des sapeurspompiers et services d'urgence, c'est en réalité l'ensemble de nos concitoyens qui est concerné et peut participer à cet effort de mobilisation en cas de crise, notamment par le biais des réserves communales de sécurité civile.

L'été 2022, marqué par des épisodes de mégafeux en Gironde, a aussi été celui d'une mobilisation sans précédent d'une partie de la population. Plus largement, au gré des évènements qui jalonnent les saisons, nous ne pouvons que constater que depuis plusieurs années, les catastrophes naturelles poussent notre système aux limites de ses capacités. En assumant le rôle clé de relais aux côtés des sapeurspompiers et sous l'autorité de leurs maires, nos concitoyens ont attesté de leur volonté de prendre part à la gestion des crises auxquelles nous allons faire face.

Déficit de savoir technique, inégale appréhension des risques et enjeux en fonction des départements, manque de coordination avec certaines associations, inégale répartition des moyens financiers et humains, etc. sont autant de facteurs de désorganisation territoriale qui s'additionnent à la complexité intrinsèque à toute crise rencontrée.

C'est pourquoi accompagner les élus, du sommet de l'État jusqu'aux maires des plus petites communes rurales, à mieux s'organiser semble primordial. La réserve communale de sécurité civile est un des dispositifs pouvant contribuer à développer des moyens et une culture de sécurité civile dans les commues appelées à gérer des évènements majeurs. Elle apporte protection et soutien à la population sinistrée dans le cadre d'une organisation opérationnelle prévue dans la mise en œuvre du plan communal de sauvegarde.

Aujourd'hui, il semble nécessaire d'offrir une plus grande flexibilité aux maires dans la mobilisation de la réserve communale de sécurité civile afin de faciliter la mobilisation de ses réservistes mais également de prévoir des mécanismes pour encourager les individus à s'engager en son sein.

Actuellement l'article L. 7244 du code de la sécurité intérieure prévoit que la durée des activités à accomplir au titre de la réserve de sécurité civile ne peut excéder quinze jours ouvrables par année civile. Cette durée peut constituer un obstacle à une mobilisation régulière des réservistes communaux dans leurs diverses missions d'appui à la sécurité civile, telles que la contribution à l'information et à la préparation de la population face aux risques, l'assurance des missions de surveillance de digues et de massifs forestiers, les patrouilles lors de manifestations publiques de grande ampleur organisées par la commune… C'est pourquoi cette proposition de loi a pour objectif de laisser l'autorité de gestion et le réserviste choisir, ensemble, de la durée des activités à accomplir, par année civile, sans en fixer ni plancher, ni plafond. Cela permettrait d'offrir aux communes une plus grande latitude pour mobiliser leurs réservistes, mais également de prévoir des durées différenciées selon les disponibilités des réservistes et les besoins locaux (article 1er).

L'article L. 7247 du code de la sécurité intérieure dispose, quant à lui, que pour accomplir son engagement à servir dans la réserve de sécurité civile pendant son temps de travail, le salarié doit obtenir l'accord de son employeur (sous réserve de dispositions plus favorables). Actuellement l'employeur dispose d'une semaine pour répondre et notifier son possible refus. Dans certaines situations d'urgence, et parce que ces situations sont exceptionnelles, il semble indispensable que l'employeur fasse connaître son refus à l'intéressé et à la mairie dans un délai plus court. Ainsi, en cas de crise majeure, cette proposition de loi suggère que l'employeur notifie son refus dans un délai de 24 heures à compter de la demande. C'est une condition de la réactivité de cette réserve dont l'engagement peut être extrêmement précieux en cas d'évènement mettant en danger la population, qu'il s'agisse de crise climatique, technologique, sanitaire… (article 2).

Enfin, cet engagement local, au service de la commune et de l'intérêt général doit être valorisé au même titre que l'engagement dans la réserve opérationnelle de la police nationale par exemple. Le présent texte propose donc d'étendre la possibilité, aux réservistes communaux élèves ou étudiants, d'obtenir une validation des compétences, connaissances et aptitudes acquises par ces bénévoles (articles 3 et 4).

L'article 5 vise à assurer la recevabilité financière de la présente proposition de loi.