Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
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Éric Bothorel 8e318c3e66 Amendement 501 — art. 3 quater
Dispositif :

    Supprimer cet article.

Exposé sommaire :

    Depuis plusieurs semaines, les acteurs français des cryptomonnaies ont appelé à ce que le Gouvernement porte une position claire de retrait/rejet de toute disposition instaurant une obligation générale de déclaration des portefeuilles auto-hébergés au-delà d'un seuil de détention (dont 5 000 €). En lieu et place, il convient en effet de renforcer l'allocation de ressources à la supervision des cadres réglementaires existants, dont la non-conformité par des acteurs étrangers est la principale source de risques de fraude ou de criminalité financière.
    L'article 3 quater constituerait une mesure disproportionnée, difficilement applicable et potentiellement contre-productive au regard de l'objectif poursuivi, pour un bénéfice incertain en matière de lutte contre la fraude.
    a) Proportionnalité et logique déclarative. La self-custody, c'est-à-dire la détention de ses propres clés cryptographiques, constitue un mode légitime de sécurisation des actifs numériques, assimilable au contrôle direct de sa propriété privée. Imposer la déclaration de la simple détention d'un portefeuille auto-hébergé reviendrait à instaurer une logique déclarative portant sur un outil de sécurité, indépendamment de tout revenu ou fait générateur d'imposition, et à installer de facto une suspicion généralisée envers des usagers de bonne foi.
    b) Fragilité juridique et rupture d'égalité. La mesure apparaît juridiquement fragile : ni adaptée, ni nécessaire, ni proportionnée, et créant une rupture d'égalité avec d'autres actifs (or, oeuvres d'art, espèces, bijoux…), dont l'existence n'est pas déclarative hors transaction taxable.
    c) Faisabilité et effectivité du contrôle. L'administration ne disposerait pas de point d'entrée opérationnel permettant de vérifier, recouper ou exploiter l'information collectée à des fins de contrôle. L'obligation déclarative ferait ainsi peser une charge administrative importante, pour un gain opérationnel limité en matière de détection et de contrôle. A noter qu'aucune étude d'impact préalable (volume de déclarations, coûts, vérifiabilité, risques cyber et risques physiques) n'a été réalisée.
    d) Effets pervers et cohérence avec les cadres existants. La mesure pourrait avoir des effets contre-productifs : pénalisation des comportements responsables (sécurisation), signal négatif pour l'innovation (surtout lorsque des champions majeurs du secteur tels Ledger et Morpho sont français), et charge supplémentaire pour l'administration, notamment à l'approche de la mise en oeuvre de DAC8 à compter du 1er janvier 2026, ainsi que des obligations européennes déjà en place (PSAN/MiCA, travel rule)
    e) Risques de sécurité et sensibilité des données. Enfin, une obligation déclarative généralisée conduirait, en pratique, à centraliser des informations sur des détenteurs et des montants, formant un fichier de fait (au travers des déclarations), à haute sensibilité. Cela accroît les risques numériques et physiques (dont l'extorsion) en cas de compromission, dans un contexte où des piratages de bases publiques ont déjà démontré la criticité de tels risques. Une menace extrêmement sensible à l'heure où les détenteurs de crypto sont quotidiennement visés par des enlèvements, et plus particulièrement en France : un tel dispositif faciliterait grandement le ciblage de ces personnes, déjà grandement et injustement stigmatisées.
    En synthèse, imposer la déclaration des portefeuilles auto-hébergés reviendrait à faire d'un réflexe de sécurité un soupçon, et d'une liberté numérique un signal à justifier.
    Cet amendement a été travaillé avec Ledger et Morpho.

Sort : Non soutenu | Déposé le 20/02/2026
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/AMANR5L17PO838901BTC2250P0D1N000501.xml

Co-authored-by: Agnès Pannier-Runacher <PA759832@deputes.angit.example>
Groupe: EPR
Angit-Diff: auto
2026-02-20 12:00:00 +02:00
articles Amendement 501 — art. 3 quater 2026-02-20 12:00:00 +02:00
.mailmap Dépôt : Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales 2025-11-18 12:00:00 +02:00
README.md Texte de la commission — réconciliation avec le texte officiel 2025-12-17 12:00:00 +02:00

Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales

Dépôt généré par angit : la vie de ce texte de loi représentée en Git. Chaque paragraphe des fichiers d'articles est un alinéa ; les amendements sont des branches (une par amendement) mergées lorsqu'ils sont adoptés.

Source : dossier législatif sur assemblee-nationale.fr — données sous Licence Ouverte 2.0.

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Procédure

  • 18 novembre 2025 — Dépôt du texte (n° 2115)
  • 17 décembre 2025 — Examen en commission (Commission des affaires sociales)
  • 25 février 2026 — Discussion en séance publique (sur le texte de la commission)

Exposé des motifs